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Bosnie : comment envisager le retour lorsqu'on a tout perdu ?

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Bosnie : comment envisager le retour lorsqu'on a tout perdu ?

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Le conflit bosniaque a fait plus de 200 000 morts. 2,2 millions de personnes, la moitié de la population d’avant-guerre, ont été déplacées. Le droit au retour est inscrit dans les accords de paix de Dayton, mais nombre de maisons sont encore en ruines.
Il y a un mois, les autorités bosniaques disaient avoir besoin de 500 millions d’euros pour reloger, d’ici 4 ans, 150 000 candidats au retour.

Certains d’entre eux vivent encore comme des réfugiés dans leur propre pays.
Car en divisant le pays en deux entités, l’une serbe, l’autre croato-musulmane, les accords de Dayton ont entraîné des migrations de population, selon l’appartenance ethnique. Les habitants n’ont pas voulu rester dans une zone qui n‘était plus la leur.

Et puis il y a les 500 000 Bosniaques de l‘étranger, les réfugiés qui ont fui la guerre, mais aussi des jeunes partis récemment chercher meilleure fortune ailleurs. Car l‘économie de la Bosnie-Herzégovine est exsangue et n’offre aucune perspective d’avenir.

Sous l’effet de la crise financière mondiale, elle s’est contractée de 3,2% en 2009.

Le PIB par habitant est de l’ordre d’un dixième de la moyenne européenne.

Quant au taux de chômage, il dépasse les 40% et 14% des Bosniaques vivent sous le seuil de pauvreté.

Seules les administrations sous perfusion internationale embauchent et ce, plus que nécessaire. L’industrie est à l’agonie, la plupart des usines ont mis la clé sous la porte. Certains ont bien tenté un retour à la terre mais l’agriculture reste sous-développée.

Le gros problème vient de la complexité des institutions politiques, organisées autour d’une présidence tripartite tournante. Les pratiques mafieuses des politiciens de chaque groupe ethnique étranglent l’activité et dissuadent l’investissement étranger.

Un cadre peu propice au retour de la jeunesse bosniaque.