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Eco-construction: le succès des maisons en paille

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Eco-construction: le succès des maisons en paille

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“J’ai l’impression d’emballer de l’or, ça a été caressé par les vents, c’est quelque chose qui va nourrir les humains, c’est du blé”, s’extasie un bénévole sur le chantier. “Après il n’y a qu‘à prendre de la terre, mettre un peu de sable et de gravier. J’ai vraiment l’impression de faire une maison qui fait corps avec la terre”.
 
Depuis quelques années, des maisons en paille poussent un peu partout en Europe. En France on en recense près de 700. Un réseau de professionnels et d’associations s’est crée autour de cette technique, importée il y a un siècle des Etats Unis. Et c’est en Bretagne que l’on trouve le plus de maisons en paille. Un matériau qui présente de nombreux avantages, notamment en terme de coûts, et surtout sur le long terme…  
  
“La paille et la terre, c’est uniquement les murs, et une maison ce n’est pas que des murs, précise Christelle Dupont, consultante pour Botmobil. Les murs c’est à peu près 15-20% du budget global. Après, c’est sûr qu’on va avoir un tel confort de vie et un gain en terme d‘énergie à dépenser, que sur la durée de vie de la maison on va faire des économies”.
 
Pour pouvoir placer les bottes de paille, il faut une ossature solide. Sur un chantier, non loin de Dinan, en Bretagne, le propriétaire a choisi une ossature en bois. Les bottes peuvent être posées à plat ou sur chant.
  
“Si on la met à plat on va avoir un mur qui va être plus large, par contre ça a la même capacité isolante, explique Christelle Dupont. Parce que la fibre si on la met à plat est dans ce sens là, l’air va passer plus facilement, parce que ça suit le sens des brins. Alors qu’ici, sur le chant, on a moins épais, donc à priori on pourrait dire c’est moins isolant, alors que les brins étant debout l’air va devoir contourner”.
 
La paille est un excellent isolant. Pour éviter qu’elle ne prenne feu facilement, il existe une technique: on trempe les bottes dans un mélange d’eau et terre, et surtout, on les égoutte. “Là on trempe la botte dans la barbotine, pour la protéger, explique une volontaire. Il ne faut pas qu’il y ait trop d’humidité qui rentre dans la botte, parce que sinon ce n’est pas très bon pour la paille”.
 
Une fois séchées, les bottes de paille sont prêtes à être déposées dans la structure en bois. Elles seront ensuite recouvertes d’une couche d’enduit de trois centimètres, assez épaisse pour réguler la température des murs. “Ici on est dans la façade ouest de la maison, donc c’est la façade qui est la plus soumise aux intempéries, en plus ici on est sur une maison qui est relativement haute, poursuit Christelle Dupont. On est en Bretagne, donc il pleut de temps en temps, et du coup, ici, il y aura un bardage bois qui va couvrir l’ensemble du pignon”.
 
C’est souvent en équipe que l’on construit des maisons en paille. Des bénévoles viennent apprendre les différentes techniques pour construire ensuite leur propre maison, ou se former pour en faire leur futur métier. “Le fait d’avoir participé à plusieurs chantiers ça me confirme dans mon idée de construire ma maison avec ces techniques”, explique l’un des volontaires.
 
Non loin du chantier, plusieurs personnes se sont réunies pour créer un éco-lotissement sur un terrain de deux hectares. Ici, il n’y a pas que de la paille: il y  aussi une maison en chanvre et d’autres en bois. Pascal a fait de sa passion pour l’environnement son métier: eco-constructeur depuis 1989, sa maison est innovante: il y a un système de récupération de la chaleur du toit, des toilettes sèches et… de la paille. “Pour moi la paille représente un matériau vivant qu’on retrouve dans la maison, dit-il, mais qu’on ne retrouve pas forcément dans les maisons classiques”.
 
“Il a fallu à peu près 150 bottes de paille pour l’ossature bois, et à peu près 150 bottes de paille pour la toiture, poursuit-il. La paille vient d’un agriculteur qui habite à un kilomètre d’ici et elle nous a coûté à peu près 300 euros pour l’ensemble de la construction”.
 
Ces matériaux écologiques font appel aux filières locales. Cela veut dire moins de transports, et donc moins d‘émissions de CO2.