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Pour ses supporters, Paul Kagamé est un leader visionnaire. Pour ses adversaires, un dictateur qui musèle la presse et l’opposition.

Paul Kagamé n’a que 36 ans quand il prend le pouvoir. Venu d’Ouganda, à la tête du Front patriotique rwandais il a mis fin au génocide de 800 000 membres de son ethnie tutsie en juillet 1994.

16 ans plus tard, il peut se prévaloir d’un bilan très positif. Grâce au soutien international, il a assuré au pays un développement économique rapide axé sur les services, les nouvelles technologies et la modernisation de l’agriculture. Le Rwanda est un des pays prisé par les investisseurs en Afrique.
Les investissements étrangers direct au Rwanda ont bondi ces dernières années, passant de 32 millions de dollars en 2003 à plus de 540 millions en 2009.

Néanmoins, opposants et critiques du régime dénoncent une réussite en trompe-l‘œil dissimulant un régime répressif et ultra-autoritaire. Un journaliste indépendant et un homme politique de l’opposition ont été tués ces dernières semaines.

Kigali a démenti toute implication dans ces meurtres.

Devant la presse internationale, le chef de l‘État a balayé des critiques, venues selon lui de l‘étranger : “Je ne veux pas vous laisser insinuer qu’il y a une crise de démocratie au Rwanda. Il est de ma responsabilité d’insister, et soyez en certains : les Rwandais décident eux-mêmes. Personne, de Bruxelles ou d’ailleurs, ne le fait à leur place. Nous décidons nous-mêmes de notre sort…”

De fait, de nombreux opposants ont préferé quitter le pays, certains trouvant refuge en Belgique. C’est le cas de Faustin Twagiramungi, ancien Premier ministre : “L’Occident est au courant de cette dictature, de Monsieur Kagame qui vient de faire 16 ans, il tue, il met en prison, y compris l’ancien président Bizimungu. Il nous fout dehors. Il tue encore aujourd’hui, et personne n’ouvre la bouche…” accuse-t-il.

Si Paul Kagamé garde un fort soutien dans son pays, les principales critiques se font entendre hors du pays, comme ici devant l’ambassade du Rwanda à Bruxelles chaque week-end.

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