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Pourquoi 40% seulement de l'aide est arrivée au Pakistan ?

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Pourquoi 40% seulement de l'aide est arrivée au Pakistan ?

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Avec l’apparition du choléra, la situation humanitaire s’aggrave d’heure en heure au Pakistan, et pourtant l’aide arrive toujours au compte-goutte. La communauté internationale semble rester sourde aux appels des ONG et des Nations unies.

Ban Ki-moon a même fait le déplacement, rencontré Asif Ali Zardari et sollicité à nouveau la générosité des donateurs étrangers, mais rien n’y fait. La crise économique et la grosse levée de fonds pour Haïti expliquent, sans doute en partie, pourquoi les caisses des organisations humanitaires peinent à se remplir.

Ainsi, un peu plus d’un tiers des 460 millions de dollars, réclamés par l’Onu, est arrivé jusqu’ici aux Pakistanais. A titre de comparaison, pour Haiti, l’Onu avait obtenu 90% des dons réclamés en moins d’un mois.
2010 est une année difficile dans l’ensemble. L’Onu n’a reçu que la moitié des dons destinés à financer ses opérations. Ce qui est vrai pour le Pakistan, l’est donc aussi pour le Yemen, l’Ouganda, la République Centrafricaine ou le Guatemala.

Parmi les raisons avancées : le séisme à Haïti qui a cristallisé les efforts de solidarité au mois de janvier. Le tremblement de terre a provoqué la mort de 225000 personnes et fait un million de sans-abris.

Mais il faut sans doute regarder du côté de l’image dont jouit le Pakistan dans le monde : une image entachée par des scandales de corruption. Dernier en date, une partie de l’aide envoyée pour les sinistrés du séisme en 2005 aurait été détournée : plus de 360 millions d’euros, d’après la presse britannique.

Pas de quoi rassurer les donateurs étrangers, même si le président Zardari a promis cette fois la transparence, reconnaissant que les fonds avaient été mal utilisés dans le passé.
Un manque de confiance largement répandu, aussi, au sein de la population. La mobilisation de l’armée, avec 30 000 soldats et une batterie d’hélicoptères, n’a pas suffit à convaincre les Pakistanais, qui préfèrent se tourner vers d’autres organisations, islamistes celles-là.

Certaines figurent sur la liste des organisations terroristes mais elles récoltent quantité d’argent et de vêtements. Efficaces et plus visibles sur le terrain que le gouvernement, elles inspirent davantage confiance à la population.
Un paradoxe car leur présence auprès des sinistrés ne fait que renforcer la défiance des donateurs étrangers.