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Grande-Bretagne : 100 jours au coupe-coupe

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Grande-Bretagne : 100 jours au coupe-coupe

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Cent jours de pouvoir, cent jours de réformes en tout genre. Le nouveau gouvernement britannique n’a pas chômé et n’a pas l’intention de ranger son coupe-coupe.

Le conservateur David Cameron et son allié démocrate Nick Clegg se sont lancés dans une réforme radicale du pays.
Ils ont fait mentir les analystes qui prédisaient que leur alliance contre-nature condamnait le gouvernement à l’inaction.

Au contraire, la Grande-Bretagne subit une cure d’austérité sans précédent depuis un demi-siècle.

L’objectif est de résorber la quasi-totalité du déficit budgétaire qui est actuellement de 10,1% du Produit intérieur brut.

Ce tour de vis économique, 56% des britanniques l’estiment nécessaire révèle un sondage récent.

“Ce budget est inévitable, et je ne vais pas cacher au peuple britannique les choix difficiles ou les dissimiluer en petit caractère en bas des pages du budget”, explique le chancelier de l’Echiquier, George Osborne.

L’idée de David Cameron est de faire émerger une Big Society, une grande société britannique qui demande aux citoyens de prendre ses responsabilités et le pouvoir.
Ce qui passe par moins d’interventions de l’Etat dans de nombreux domaines : la santé, les libertés civiles, ou encore l‘éducation avec par exemple la possibilité pour les parents de gérer des écoles libres.
Quelques 7 milliards d’euros seront ainsi épargnés, dès cette année…
Mais l’austérité a un prix : plus d’un million d’emplois privés et publics sont amenés à disparaître…
Pour le moment la population britannique soutien le gouvernement, mais la lune de miel pourrait très bientôt prendre fin, comme l’explique cette économiste du Trade Union Congress, l’organisation fédératrice des syndicats britanniques : “On peut penser qu’une fois que les coupes et les réformes commencerons à toucher les services publics, les communautés, et que les gens s’apercevront que les problèmes dans leurs quartiers sont le résultat des coupes drastiques et rapides dans les fonds publics, alors l’opinion publique pourrait commencer à changer”.

Le gouvernement n’a pas encore rendu public le détail de certaines mesures à venir. Un conflit frontal s’annonce à l’horizon avec les syndicats qui menacent déjà d’un automne de la colère.