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Roms : le gouvernement français maintient le cap malgré les critiques

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Roms : le gouvernement français maintient le cap malgré les critiques

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C’est dans un camp déserté que nous conduit une petite fille Rom. Un parmi les 128 camps illicites démantelés en France depuis la fin juillet…

Cette politique visant les Roms n’en finit plus de susciter les critiques. Nations Unies, Commission européenne, OSCE, dignitaires religieux et opposition. Les blâmes se multiplient mais le gouvernement ne cille pas. Il poursuivra les démantèlements et les reconduites en Roumanie et Bulgarie. Pour l’homme de gauche de ce gouvernement de droite, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le malaise est réel :

“Il y a 25 ans, la Roumanie, la Bulgarie et d’autres pays n‘étaient pas dans l’UE, et même le mur de Berlin n‘était pas tombé. Maintenant, l’Europe existe, chacun est responsable de l’intégration de ces populations, et vraiment, ça me fend le coeur de voir, pas seulement les Roms, beaucoup d’autres, mais les Roms en particulier, être malmenés, être exploités. Des enfants qui sont drogués pour paraître malades et apitoyer les populations, il y a une vraie oppression et même une esclavagisation de ces populations. Ca, ça ne m’amuse pas du tout. Comment faire pour y remédier ? En démissionnant ? J’y ai pensé !”

Paris voudrait obtenir le soutien de l’Europe, mais Bruxelles freine des quatre fers. Et le ministre Besson doit s’expliquer avec les commissaires européens concernés par le dossier. L’une des questions-clés est de vérifier, si comme la France l’affirme, elle est en droit de mener ces reconduites massives de citoyens européens.

Anaïs Faure Atger, du Centre for European Policy Studies estime que non :
“Monsieur Sarkozy ne peut pas annoncer une expulsion collective d’un certain quota de personnes. Il doit, pour justifier d’une expulsion d’un citoyen européen, faire un examen au cas-par-cas de leur situation personnelle”.

En un mois, 979 ressortissants roumains et bulgares ont été reconduits, la plupart volontairement, dit le gouvernement, avec une aide au départ en poche. Et la France compte élargir les possibilités d’expulsion, notamment pour menace à l’ordre public, vols répétés ou mendicité agressive.