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Irak : la fin d'une guerre, du moins officiellement

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Irak : la fin d'une guerre, du moins officiellement

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Sept ans après l’invasion, c’est la fin officielle de la guerre en Irak. Les 47.900 soldats américains restés dans le pays ne se consacreront plus qu‘à la formation des forces irakiennes. Venu clore solennellement ce douloureux chapitre, le vice-président américain a passé le témoin :
“Les soldats irakiens ont de nouveau la responsabilité de la sécurité de leur pays. Mais l’engagement américain en Irak se poursuivra avec l’opération qui a débuté aujourd’hui : Aube nouvelle”, a annoncé Joe Biden.

Aider les Irakiens à assurer leur sécurité, cela ne suffira pourtant pas sans un gouvernement à la tête du pays. Or six mois après les législatives, toujours aucun accord de coalition en vue.

“Le peuple irakien a massivement voté dans toutes les communautés. Et il attend un gouvernement qui reflète le résultat de son vote. Cela nécessite que les hommes politiques irakiens placent l’intérêt national au-dessus de leurs propres intérêts. Je les appelle instamment à montrer le même courage que leurs citoyens en menant ce processus à son terme, en formant un gouvernement. Et je crois qu’ils le feront bientôt”, a-t-il ajouté.

Les querelles entre les principaux partis alimentent l’incertitude tandis que les attaques et les attentats sont quasi-quotidiens. Alors, difficile pour ces habitants de Bagdad de se dire optimistes : “L’Irak est un pays sans gouvernement et sans souveraineté. C’est désormais une parcelle que n’importe quel Etat peut facilement occuper. Et si les soldats américains se retirent, l’Iran viendra.”

“J’espérais que les soldats américains quitteraient l’Irak, mais pas maintenant.”

Durant le seul mois d’août, 426 Irakiens ont été tués dans les violences, majoritairement des civils. L’armée américaine a, elle, perdu en sept ans 4.400 hommes, et doit se retirer totalement d’ici fin 2011. Le numéro deux de la sécurité irakienne, le Lieutenant Général Nasir al-Ibadi, se veut confiant : “Je ne pense pas que ce retrait soit trop prématuré. Nous nous sommes formés et nous combattons pour contrer l’insurrection et contrer le terrorisme depuis 2005. Et nous avons été préparés à cela par la coalition, par les Américains.”

Si cette page se tourne, une autre guerre, celle de l’Afghanistan, perdure et s’enlise. Pour l’analyste irakien Faisal Naser, les Etats-Unis ne pouvaient plus être sur les deux fronts : “Les Etats-Unis doivent utiliser leur puissance militaire ailleurs, en particulier en Afghanistan. La situation économique américaine et le coût exorbitant assumé par les Etats-Unis avec la présence de ces forces en Irak… Tout ces facteurs ont accéléré le retrait des forces de combat américaines.”

L’Irak est encore loin d‘être un pays pacifié, mais il est de nouveau maître de son propre destin.