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Aïda de Verdi en clôture du festival de Vérone

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Aïda de Verdi en clôture du festival de Vérone

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C’est avec l’opéra de Giuseppe Verdi que s’est refermé l‘été lyrique des arènes de Vérone en Italie, l’un des plus grands théâtres à ciel ouvert au monde.

Cet opéra fut commandé à Verdi pour célébrer l’inauguration du canal de Suez, au Caire, en 1869. Un drame psychologique, avec pour décor, l’Egypte ancienne, réinventé ici par Franco Zeffirelli.

Quatre actes sont nécessaires pour conter l’histoire d’amour tumulteuse et tourmentée d’Aïda et de Radamès. La princesse éthiopienne, devenue esclave des Egyptiens, est partagée entre son amour pour le jeune capitaine de l’armée du Pharaon et son attachement à sa patrie.

C’est la soprano italienne Amarilli Nizza, qui interprète le rôle d’Aïda, un personnage intemporel, selon elle.

“Pour moi le personnage d’Aïda est d’une extrême modernité, c’est vraiment une femme d’aujourd’hui parce que c’est une femme à qui l’on demande de faire revivre et d’incarner des valeurs très fortes comme la patrie, la famille. A une époque où ces valeurs se font plutôt rares, mettre sur le devant de la scène une femme comme Aïda qui porte en elle ces valeurs solides et qui est prête à mourir pour elles, c’est extrêmement moderne et actuel.”

“D’autant que la situation des femmes dans les trois quarts des pays de la planète est comparable aujourd’hui à celle d’Aïda.”

Un rôle que la chanteuse lyrique connaît très bien car c’est celui qu’elle a le plus interprété dans sa carrière. Pourtant, chanter Aïda reste un défi à chaque représentation.

“C’est un rôle très varié, avec de multiples facettes, et cela requiert beaucoup de technique : beaucoup de “couleur” dans la voix, de “chiaroscuro” (clair-obscur), un grand phrasé et il faut jouer sur le legato. Cela peut être, par moments, très lyrique et élegiaque et à d’autres, dramatique et incisif : donc il faut disposer d’un bagage technique très solide pour respecter les indications que Verdi a inscrites sur sa partition, et c’est loin d‘être une tâche aisée.”

Pas d‘éléphants ou de chevaux sur scène pour la Marche Triomphale, Franco Zeffirelli a préféré alléger l’aspect pharaonique de cet opéra en faisant appel aux talents des danseurs de Vérone sur une chorégraphie de Vladimir Vassiliev.

Pas de happy-end mais une apothéose pour finir cet opéra dramatique, avec l’union des deux amants maudits. Aïda choisira de rejoindre son héros, jusque dans la mort.