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Les Turcs très partagés sur la réforme constitutionnelle


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Les Turcs très partagés sur la réforme constitutionnelle

Que pensent les Turcs de cette réforme constitutionnelle ? Dans le quartier turc de Bruxelles, au café de l’Association de pensée d’Atatürk, on ne cache pas son hostilité. Si la Commission européenne estime que c’est un pas dans la bonne direction, ici, on parle d’atteinte à la laïcité. Le gouvernement islamo-conservateur aurait une plus grande influence sur le judiciaire, et cela n’augure rien de bon, s’inquiète cet homme :

“Avec ce changement, il y aura une disqualification de la magistrature laïque au profit d’une commission d’Oulémas, qui décidera de l’application des lois dans le pays.”

Tous ceux qui sont rentrés au pays pendant l‘été ont pu voter avant de repasser la frontière, comme cet homme :

“J’ai voté oui, parce que je pense que ce gouvernement fera de très bonnes choses pour notre avenir, pour nos enfants, pour le peuple. Ils sont en train de travailler comme il faut pour la Turquie.”

“Evet”, oui en Turc. C’est ce qu’espère obtenir l’AKP au pouvoir, qui joue sa crédibilité sur ce référendum. Pour mettre la pression sur le gouvernement, un parti pro-kurde a appelé à boycotter le vote. L’eurodéputée en charge du suivi du dossier turc, Ria Oomen-Ruijten, le déplore :

“Personne ne devrait être empêché d’aller mettre son bulletin dans l’urne. Chacun devrait avoir le droit de voter, et de dire oui ou non. Certains partis d’opposition affirment que les citoyens turques ne devraient pas aller voter, et je pense que c’est très déraisonnable.”

Ce que regrettent les institutions européennes, c’est qu’un débat public, impliquant les partis politiques, n’ait pas précédé la réforme. Les partis d’opposition n’en ont été que plus virulents dans leurs attaques. Au gouvernement qui met en avant la limitation du pouvoir militaire, ils répondent que la justice ne sera pas indépendante pour autant.

“J’aurais bien aimé une discussion plus animée au préalable”, explique l’eurodéputé socialiste Hannes Swoboda. “Peut-être qu’il aurait été possible de trouver un compromis si l’on avait discuté plus longuement. Ca aurait été le mieux, bien entendu. Mais il faut tenir compte des décisions de la Turquie.”

Parmi les 26 amendements qui seront soumis à référendum dimanche, beaucoup sont aussi consacrés aux droits des citoyens. Ils concernent le droit à la vie privée, la levée des restrictions aux voyages ou encore l’extension des droits de l’enfant.

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