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Shukria Barakzaï, une vie de combat pour les femmes


Afghanistan

Shukria Barakzaï, une vie de combat pour les femmes

A 37 ans, Shukria Barakzaï est une figure de la politique afghane. Elle fut membre de la Loya Jirga, l’assemblée instaurée après le départ des talibans pour décider de la nouvelle constitution. Elle est l’une des 71 femmes députés. Son objectif, être candidate à la présidentielle de 2014. Sa carrière, c’est dans la douleur qu’elle l’a construite. Sous la folie talibane, elle résiste, en organisant une école clandestine pour les filles. Trahie par son mari, elle lutte contre la polygamie et les mariages forcés. Une vie dominée par la lutte pour le droit des femmes.

En duplex avec nous, Shukria Barakzaï, politicienne, ancien membre de la Loya Jirga, et candidate à ces élections, elle est interviewée par notre journaliste Fariba Mavaddat :

-“Madame Barakzaï, qu’attendez-vous de ce scrutin ?”

-“L‘élection a eu lieu dans une période difficile. Les Afghans espèrent avoir un nouveau parlement, qui, en accord avec la loi, va superviser et exécuter les lois, éradiquer la corruption, établir la paix et consolider l’unité du pays.
Mais vues les circonstances actuelles, et les critères de sélection des candidatures, les attentes dépassent les capacités des candidats, mais il y a encore l’espoir que les Afghans démontrent leur empressement pour qu’il y ait une une démocratie dans le pays. Le parlement est une institution qui doit être construite et sérieusement établie. Et cela nécessite que nous allions de l’avant après les élections. J’espère que le nouveau parlement aura plus de réussite pour servir le peuple.

-“L’un des aspects intéressant de ces élections c’est le nombre et la proportion de candidates féminines, face aux hommes. Qu’est-ce-que les femmes d’Afghanistan espèrent obtenir de cette participation ?”

-“Les femmes, comme tout le peuple, veulent faire entendre leur voix plus fort que jamais au Parlement. Elles veulent des projets spéciaux pour elles, elles veulent qu’on leur accorde un budget spécial pour financer des programmes de santé et d‘éducation, pour les aider à trouver du travail.
A propos du nombre de candidates, il faut savoir que les femmes en Afghanistan ont plus de problèmes que les hommes. Le fait qu’il y ait beaucoup de candidates signifie que les femmes sont conscientes de cette situation, et j’espère qu’il y a aura de plus en plus de femmes dans ce domaine.”

“Et si vous gagnez lors de cette élection, qu’allez vous faire pour elles et quels sont vos projets en général ?”

-“Je mène un parti politique qui s’appelle “la troisième voie”. Nous sommes des réformistes qui pensons pouvoir arranger les choses. Les politiciens en Afghanistan devraient en finir avec la règle du plus vieux, et la remplacer par la loi.
Notre travail pour le peuple afghan, et en particuliers pour les femmes, n’est pas un slogan, c’est en engagement devant le monde et les femmes en général que nous allons continuer sur ce chemin, que ce soit avec le parlement, ou en dehors. Je veux dire aussi que pour moi, rentrer au parlement n’est pas le but suprême. J’ai beaucoup de rêves pour mon pays et mon peuple, et je crois qu’il mérite le meilleur.
Je ne veux pas qu’ils aient seulement des bons représentants au parlement, je veux qu’ils vivent dans la paix et la liberté.”

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