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Les "doubles gagnants" de la Commission agacent

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Les "doubles gagnants" de la Commission agacent

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On les appelle les “doubles gagnants” : d’anciens commissaires européens désormais salariés, et qui continuent de percevoir d’importantes indemnités de reconversion d’au moins 96.000 euros par an, en provenance de Bruxelles.

Le Maltais Joe Borg est l’un d’eux. Ancien commissaire à la pêche, il est désormais membre d’un cabinet de conseil dans ce domaine.

Autre exemple avec celui de l’ancien commissaire au marché intérieur, l’ultra-libéral convaincu Charlie Mac Creevy, qui a rejoint les rangs de la compagnie aérienne Ryanair.

“Ils continuent en fait de percevoir une indemnité durant les trois années qui suivent leur départ (de la Commission), explique Michael Mann, porte-parole de la Commission européenne. S’ils trouvent un autre emploi, et si l’addition de leur nouveau salaire à leur indemnité de reconversion est supérieure à ce qu’ils percevaient en tant que commissaire, alors l’indemnité est supprimée. Et si leur nouvel emploi est extrêmement bien rémunéré, ils ne reçoivent plus du tout d’allocation.”

De nombreuses ONG anticorruption crient au laxisme. Certaines ont donc lancé une cyberpétition pour empêcher à l’avenir que d’anciens commissaires européens puissent exercer des activités en rapport avec leur ancienne fonction, durant les 3 années qui suivent leur départ.

“Tout cela révèle que la Commission ne juge pas suffisamment utile d’interroger ses anciens membres sur la nature exacte de leurs nouvelles fonctions, explique Yiorgos Vassalos, de la plateforme d’ONG “Alter-EU”. Et qu’elle ne prend même pas la peine de vérifier si elle est en mesure de leur verser ou non cette indemnité.”

17 anciens commissaires bénéficient à l’heure actuelle de cette disposition, qui est du reste tout à fait légale. Le Parlement européen, qui avait lui aussi jugé cette mesure laxiste, appelle à une réforme de ce code de conduite.