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"Des familles des 33 mineurs harcelées par les caméras"


Chili

"Des familles des 33 mineurs harcelées par les caméras"

Claudia la Torre fait partie des 2.000 journalistes qui couvrent le sauvetage des mineurs. Elle est originaire de Copiapo. Leire Otaegi l’a interviewée alors qu’une quinzaine de mineurs avaient été remontés à la surface avant d‘être transportés à l’hôpital.

euronews :
Claudia, quelle est l’ambiance à l’hôpital ?

Claudia la Torre :
“C’est très surprenant de voir l’attention, la curiosité des gens, leur envie de voir les mineurs entrer à l’hôpital et les voir vivant. C’est un miracle ce qui s’est passé et tout le monde veut être témoin de ce moment historique”.

euronews :
Et comment réagissent les familles qui ont retrouvé leurs proches et celles qui attendent encore?

Claudia la Torre :
“Celles qui les ont déjà retrouvés avaient les larmes aux yeux. Elles étaient émues. Je l’ai vu avec le premier rescapé hier. J‘étais touchée par leur émotion. J’ai pu le ressentir parce que je suis originaire de Copiapo. Je sais ce que représente le travail des mineurs et ce que ca veut dire d‘être emprisonné. C’est quelque chose de très angoissant. Avant l’arrivée des médias, il y a eu beaucoup des larmes, puis la nouvelle s’est répandue et tout a été médiatisé. L’appui des médias est très important parce qu’ils informent, mais en même temps il existe des limites. Hier, j’ai vu les familles des mineurs demander aux médias de s’arrêter de filmer, parce qu’ils veulent de l’intimité. Les caméras, les lumières, les ont harcelés. J’ai beaucoup regretté cet excès. J’ai senti que c‘était trop. La mère du premier mineur rescapé demandait en criant aux journalistes de s’arrêter. Elle essayait de prendre son fils dans ses bras et elle ne pouvait pas. J’ai dû m‘éloigner. J’ai eu la sensation qu’on était en train de devenir des caméras et pas des personnes”.

euronews :
“Vous venez de dire que vous êtes de Copiapo, vous êtes Chilienne. Est-ce-que vous pensez que la situation au Chili va changer après cet évènement?

Claudia la Torre :
“Oui, ca va changer profondément. On va passe d’une ville tranquille à une ville qui étouffe. Mais surtout ca va étouffer la vie des mineurs qui vont laisser derrière eux une vie paisible. Normalement les mineurs sont des personnes discrètes. C’est pour ca qu’on remarque tout de suite les personnes qui parlent beaucoup ici. Leur vie va changer. J’espère que ce sera de manière positive. Ils vont recevoir des aides et j’espère qu’ils vont en profiter parce qu’ils le méritent. J’imagine que le gouvernement va prendre des mesures et faire des lois. J’imagine qu’il y aura beaucoup de changements et j’espère que tout cela sera positif”.

euronews :
Une dernière question Claudia, que va devenir la mine de San José, une fois que tous les mineurs seront libérés et que toutes les cameras auront quitté le désert d’Atacama?

Claudia la Torre :
“Il y a des rumeurs selon lesquelles ils vont maintenir le lieu pour qu’il puisse être visité afin qu’on puisse se rendre compte de ce que les mineurs ont vécu, du froid qu’ils ont ressenti la nuit, de leur sacrifice. J’espère que ce lieu sera conservé. Le désir de la population de Copiapo, c’est que cela devienne un lieu historique”.

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