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Guillermo Fariñas : "ce prix est un triomphe collectif de la cause démocratique"

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Guillermo Fariñas : "ce prix est un triomphe collectif de la cause démocratique"

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Peu après l’annonce du Prix Sakharov 2010, euronews a joint le lauréat Guillermo Fariñas par téléphone, chez lui, à Santa Clara. Sa réaction :

“Cette nouvelle, il faut l’interpréter de façon modeste et combative. Je parle d’un combat pacifique. Et modestement, parce que même si c’est un prix attribué à Guillermo Fariñas, c’est aussi un prix pour tous les exilés cubains, pour tous les prisonniers politiques cubains et tous les dissidents qui en ce moment-même luttent pour que Cuba soit un jour libre et démocratique. Voilà comment on l’interprète. Ce prix est un triomphe collectif de la cause démocratique. Je crois qu’un jour comme celui-là, tous les démocrates doivent se sentir fiers n’importe où dans le monde et quelque soit leur idéologie.

Je crois, et j’espère ne pas me tromper en disant qu’il s’agit d’un message du Parlement européen au gouvernement cubain comme quoi la libération des prisonniers n’est pas suffisante pour que la position des Européens change vis-à-vis de Cuba. Parce que les lois ont rendu possible l’emprisonnement de ces innocents pendant sept ans et, pour certains qui sont encore en prison, ces lois existent toujours et sont inamovibles. Le gouvernement cubain doit respecter la déclaration des droits de l’Homme de façon concrète dans le pays pour qu’une démocratie soit possible et que la peur disparaisse de la société cubaine. Et c’est seulement quand tout cela sera fait que les Européens pourront commencer à travailler pour changer leur position commune.

J’aimerais bien pouvoir voyager pour recevoir ce prix. Désormais, l’opinion publique internationale et nationale devront être attentives, car le gouvernement cubain dit qu’il respecte les droits de l’Homme et il y a un article de la déclaration qui dit que tout être humain a le droit de sortir et de rentrer dans son pays, donc on verra maintenant si le gouvernement respecte ou pas ce droit.

Ce prix, je le dédie en particulier à Orlando Zapata Tamayo et à Pedro Luis Boitel. Ce sont deux martyrs morts de la grève de la faim contre la dictature de Fidel Castro. Et je dédie aussi ce prix à tous les cubains qui sont morts pour la libération et la démocratie à Cuba.”