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Wikileaks, une énorme épine dans le pied de la coalition en Irak. En dévoilant des documents secrets, il serait même à l’origine de la fuite la plus importante de documents militaires de l’histoire. Mais en dépit de la gravité des faits mentionnés, les réactions officielles tardent à venir depuis leur divulgation par le fondateur du site Wikileaks samedi, à Londres.

Pour les avocats des droits de l’Homme présents, les faits sont graves : “Les forces américaines et britanniques ne pouvaient pas fermer les yeux sous prétexte que leurs soldats ne sont pas impliqués, et c’est ce qui s’est passé, et a été révélé par ce site. Ces deux Etats ont clairement l’obligation de prendre des actions efficaces et définitives pour que les irakiens cessent les tortures. Qu’ils ne l’aient pas fait les rend complices… “

Pour l’instant, seul le vice-Premier ministre britannique a réagi, se gardant bien de dicter à Washington la conduite à suivre.

Les documents révèlent que sur les 66 00O civils tués en Irak depuis 2003, 15 000 cas n’ont jamais été révélés. Ils font état de tortures perpétrées par les forces irakiennes sous les yeux de l’armée américaine, mais aussi de cas de tortures par les forces de la coalition elles mêmes, et de 600 à 700 civils tués aux postes de contrôle par les troupes américaines.

Des révélations que le Pentagone et la secrétaire d’Etat américaine ont immédiatement condamnées pour le risque qu’elles font peser sur la vie des soldats sur place, bien embarrassés eux aussi :
“Quiconque arrive à obtenir des informations confidentielles ne devrait pas les partager. Qu’il s’agisse de la sécurité des soldats, ou de celle de la population concernée” estime pour sa part le soldat David Service.

Affecté également par ces révélations, le gouvernement irakien, qui est accusé d’avoir couvert le meurtre et la torture de civils. En pleine tension post-électorale, alors que le Premier ministre Al Maliki tente de se maintenir au pouvoir pour un second mandat, ses partisans y voient une tentative de déstabilisation : “Il y a une raison derrière la publication de ces documents à ce moment précis, aux Etats-Unis. Ils veulent surement viser certains partis politiques dans l’intèret d’autres partis”, considère cet habitant de Bagdad.

Pour autant, les irakiens ne sont pas surpris par ces nouvelles révélations. Le scandale d’Abou Ghraib reste bien présent dans les esprits et pèse toujours sur la réputation de l’armée américaine en Irak. Et celui-ci devrait être bien plus dévastateur encore.

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