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La Turquie est-elle devenue eurosceptique ?

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La Turquie est-elle devenue eurosceptique ?

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Ils ne sont plus que 38% à vouloir encore une entrée de leur pays dans l’Union. A la fin des années 90, les Turcs étaient près de 90% à y être favorables. L’hostilité de certains pays comme la France et l’Allemagne et le blocage chypriote ont eu raison de leur enthousiasme. Pour autant, les échanges ne se sont jamais aussi bien portés :

“Il y a une humeur assez négative”, reconnaît le chef de la délégation européenne en Turquie, Marc Pierini. “En même temps, ce que l’on voit, c’est un développement extraordinaire des relations commerciales, investissements, énergie, où la Turquie est devenue aujourd’hui la réserve de croissance et de compétitivité de l’industrie et des services en Europe.”

Avec une croissance à deux chiffres, la Turquie n’a rien à envier à l’Union. Et même si le chômage a la vie dure, les perspectives semblent moins moroses. Du coup, l’adhésion européenne n’est plus présentée comme une priorité salvatrice. Elle est même reléguée au second plan.

“Si la Turquie a une perspective claire, là, évidemment, elle jouera le jeu autrement, car elle va se considérer comme un futur membre de l’Union européenne. Et 2023 est très important parce que c’est une date qui signifie quelque chose pour les Turcs, c’est le centenaire de la République”, souligne le professeur Cengiz Aktar.

“Je pense que comme dans toute adhésion, nous n’avons pas encore atteint le stade où on peut parler d’une date car on ne parle d’une date que quand on voit vraiment le bout du tunnel”, tempère Marc Pierini.

Le tomber de rideau n’est certainement pas pour demain. Jusqu‘à présent, un seul chapitre de négociations a été bouclé sur les 35.