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Sahara occidental : Pourparlers sous haute tension à New York

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Sahara occidental : Pourparlers sous haute tension à New York

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C’est dans une résidence à 40 kilomètres de New York et fermée à double tour que se sont tenus les pourparlers entre Front Polisario et gouvernement marocain. Les journalistes sur place ne sont pas autorisés à entrer. Des pourparlers sous haute tension, compte-tenu des violences de ces derniers jours dans la région.

Pour l’envoyé spécial de l’ONU, Christopher Ross, le seul résultat de cette rencontre semble être un nouveau rendez vous : “les participants sont d’accord pour se revoir à nouveau en décembre, et aussi en tout début de l’an prochain pour poursuivre sur des voies nouvelles le processus de négociation appellé par le conseil de sécurité de l’ONU.”

Quant à Ahmed Boujarib, représentant du Polisario à l’ONU, il estime que les négociations ont eu lieu dans des circonstances difficiles. Il précise : “ce qui s’est passé à Lâayoune, c’est une tragédie, il y a eu des morts et des blessés. C‘était le jour même des négociations, et alors pour nous c‘était une décision délibérée, pour dérailler, pour mettre en doute la viabilité de ces négociations.” Cependant il affirme avoir eu “la possibilité de discuter en profondeur”.

Lors de la prochaine étape attendue à Genève, il compte “continuer à parler du programme des visites des familles séparées par la guerre”. Il pense que “la communauté internationale, les Etats Unis, ont pris conscience – après les fait tragiques de Layoun – de la nécessité de concentrer les efforts pour arriver à une solution juste et définitive du problème. Le Maroc c’est un voisin, nous voulons toujours tenir compte du Maroc dans l’avenir. C’est pour cela que nous avons offert, dans le cas de l’indépendance, une relation privilégiée.”

La question du Sahara Occidental, si elle empoisonne la vie des deux voisins depuis 35 ans, est devenue aussi un enjeu sécuritaire depuis l‘émergence d’Al Qaeda au Maghreb islamique, actif dans la région, et responsable de nombreux attentats et enlèvements d’occidentaux, comme celui des humanitaires espagnols en 2007 en Mauritanie, et celui du français Michel Germaneau enlevé au Niger en avril 2010 et exécuté 3 mois plus tard.

Notre envoyée spéciale a évoqué la question avec les deux parties. Ahmed Boujarib, représentant du Polisario à l’ONU répond : “chez nous, il n’y a pas de terrorisme. C’est un élèment avec lequel le Maroc veut confondre tout le monde. Le terrorisme, c’est une menace globale. Nous avons dit au Maroc que nous sommes prêts à coopérer avec le Maroc et avec toutes les puissances intéressées dans l’avenir, mais le Maroc a refusé.”

Taieb Fassi Fihri, ministre marocain des Affaires étrangères, estime quant à lui :“il n’y a pas que la menace sécuritaire – naturellement elle est là et elle s’impose de jour en jour et la communauté nous demande une coopération entre les pays de la région. Mais il y a aussi un élément qui est souvent souligné par la communauté internationale : c’est que la persistance de ce différend, et le fait qu’il n’y a pas de progrès, à cause d’une position malheureusement rigide des autres parties, fait que nous n’exploitons pas toutes les opportunités possibles, et offertes en terme économique. Et donc il y a non seulement l’impératif sécuritaire, mais il y a aussi des exigences économiques.

Enfin, avec le ministre marocain des Affaires étrangères, nous avons évoqué la question de la présence des journalistes étrangers sur le lieu des émeutes. Taieb Fassi Fihri a répondu : “les journalistes ont un droit fondamental que nous respectons et encourageons beaucoup au Maroc, celui de couvrir et analyser, mais il ne faut pas que certains journalistes prennent leur désirs pour la réalité ou s‘éloignent de l’orthodoxie et surtout de l’objectivé qui est celui de la paix.”