DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Un demi siècle après l'armistice, l'état de guerre permanent

Vous lisez:

Un demi siècle après l'armistice, l'état de guerre permanent

Taille du texte Aa Aa

Les incidents graves entre les deux Corées sont fréquents, surtout près de la ligne frontalière maritime. En mars dernier, une frégate de la marine de guerre sud-coréenne coulait dans la mer Jaune, touchée par la torpille d’un sousmarin nord-coréen. 46 marins sud-coréen avait péri dans cette attaque que Pyongyang a toujours nié.

Les deux Corées restent officiellement en “état de guerre” depuis plus d’un demi-siècle, aucun traité de paix n’ayant suivi l’armistice de 1953, consacrant la division de la péninsule entre le nord, communiste, et le sud, capitaliste. Depuis, de part et d’autre de la “zone démilitarisée” qui la coupe en deux, se concentrent les arsenaux.

La Corée du Nord dispose de 800 missiles ballistiques et 1000 de diverses portées.

La Corée du Sud a récemment deployé de nouveaux missiles de croisière de 1500 km de portée.

La Corée du Nord aurait produit 50 kg de plutonium, suffisant pour fabriquer de 6 à 8 bombes. Pyongyang a effectué deux test nucléaires.

La Corée du Sud n’a pas de programme d’armement nucleaire, mais elle est sous la protection du parapluie nucléaire américain.

L’incident d’aujourd’hui intervient alors qu’un programme d’enrichissement d’uranium en Corée du Nord a été révélé par un scientifique américain. Siegfried Hecker dit avoir vu des installations equipées de 2000 centrifugeuses sur le site nucléaire de Yongbyon, lors de sa récente visite en Corée du Nord. Le scientifique avait été surpris par la sophistication des installations, que Pyongyang assure destiné à la production d’electricité.

Mais l’affaire inquiète Washington, d’autant plus que Pyongyang a quitté les négociations à six visant à mettre fin au programme d’armement nucléaire nord-coréen en échange d’aide économique. Des négociations bloquées depuis 2008 auxquelles participent la Russie, le Japon, les Etats Unis, les deux Corées et la Chine.

Cette dernière est le seul grand allié du régime communiste de Pyongyang, isolé par ailleurs, mais de plus en plus menaçant. Très fermé, il est difficile de décrypter la conduite de son dirigeant Kim Jong Il, mais certains analystes interprètent l’incident d’aujourd’hui comme une façon pour le leader nord-coréen de renforcer le crédit militaire de son fils Kim Jong Un pour mieux préparer sa succession.