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Côte d'Ivoire : Gbagbo défie la Communauté internationale

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Côte d'Ivoire : Gbagbo défie la Communauté internationale

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Fort du soutien de l’armée ivoirienne, Laurent Gbagbo a choisi de défier l’ONU et les capitales occidentales.

Le président sortant, dont la réélection est contestée par l’opposition et la communauté internationale, a prêté serment pour un nouveau mandat. Il en a profité pour fustiger “l’ingérence venue du dehors.”

Au pouvoir depuis dix ans, il a obtenu vendredi du Conseil constitutionnel dirigé par un de ses proches qu’il annule les votes des provinces du nord. Il accusait l’ex-rébellion, favorable à son adversaire, Alassane Ouatara, d’avoir fait pression sur les électeurs.

L’invalidation de la victoire annoncée de l’opposant Ouattara a enflammé les rues d’Abidjan, la capitale économique, après le couvre-feu. Deux personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi lors d’affrontements entre sympathisants des deux camps.

Le calme est revenu avec le jour, mais l’investiture de Laurent Gbagbo a de nouveau mis le feu aux poudres. A Bouaké, au nord d’Abidjan, des partisans d’Alassane Ouattara ont manifesté leur colère ce samedi.

Il faut dire que vendredi encore, Alassane Ouattara pensait la partie gagnée. “Le représentant spécial des Nations unies vient de certifier les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante qui me donne vainqueur de l‘élection présidentielle. Je suis donc le président élu de la République de Côte d’Ivoire,” déclarait-il sous les applaudissements.

L’Union africaine a décidé de dépêcher une mission de conciliation sur place. Elle sera emmenée par le président sud-africain Thabo Mbeki.

En attendant, le pays, replié sur lui même, retient son souffle.

“On est très inquiet avec cette situation, admet un habitant d’Abidjan. On est très inquiet. Imaginez, depuis lundi, rien ne va. Toutes les économies sont arrêtées. Les gens ne vont pas au travail. Tout ça, c’est inquiétant.”

Laurent Gbagbo risque d’avoir du mal à asseoir sa légitimité : son premier ministre, qui a reconnu la victoire d’Alassane Ouattara, a d’ailleurs démissionné.

Le Fonds monétaire international a fait savoir qu’il ne travaillerait avec Laurent Gbagbo que si sa victoire était reconnue par l’ONU.