DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Climat : le premier pas de la Chine

Vous lisez:

Climat : le premier pas de la Chine

Taille du texte Aa Aa

La Chine parle pour la première fois d’objectif contraignant. Un changement notable pour un pays qui en quelques années, a dépassé les Etats-Unis pour devenir le plus gros pollueur de la planète

à un rythme soutenu. Les émissions chinoises portées par une forte croissance ont augmenté de 9% l’an dernier. En 2005, le pays a rejetté 5,2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Selon l’Académie des Sciences Chinoise en 2020, si rien n’est fait, il en émettra près du double.

Acteur incontournable dans la préparation d’un nouvel accord, Pékin a plaidé l’an dernier à Copenhague pour une prolongation du Protocole de Kyoto. Un texte partiel à l‘échelle de la planète : signé en 97, il ne couvre aujourd’hui que 30% des émissions totales : les Etats-Unis et la Chine n’y sont pas soumis.

Dans la capitale danoise, les deux principaux pollueurs mondiaux ont encore exclu tout accord contraignant. La Chine a refusé tout contrôle de ses émissions par un organisme international, mais s’est dit prête à réduire son “intensité carbone” : c’est à dire baisser d’ici 2020, de 40 à 45% la quantité de CO2 rejettée par dollar de croissance économique, par rapport au niveau de 2005.

A voir quel sera l’importance des objectifs volontaires évoqués par Pékin à Cancun.

Principal souci des autorités chinoises : ne pas entraver la croissance de leur pays et donc continuer à produire de l‘énergie à partir du charbon. Il fournit aujourd’hui, 70% de l‘électricité consommée en Chine.

Pour autant, les Chinois tentent déjà de réduire leur dépendance à cette source d‘énergie très polluante, ils ont commencé à investir dans les énergies renouvelables et propres.

Le directeur de Greenpeace International reconnaît lui-même que des efforts sont faits. “Il faut savoir, souligne Kumi Naidoo, qu’ils font des efforts importants. Par exemple, aujourd’hui, en Chine, toutes les heures, une éolienne entre en fonctionnement. Au premier trimestre de cette année, les Chinois ont été les plus gros investisseurs au monde dans le secteur des énergies renouvelables.”

L’offre de Pékin à Cancun n’est qu’un premier pas.

Mais, en acceptant des réductions contraignantes de leurs émissions en échange de la prolongation du Protocole de Kyoto, les Chinois renvoient aussi les autres grands pollueurs de la planète à leurs responsabilités.