C‘était le temps où Julian Assange était encore célébré dans le monde entier comme un héros de la liberté d’expression. Présent sur tous les plateaux de télévision, il multipliait les conférences de presse pour expliquer les révélations tonitruantes de son site WikiLeaks créé en 2006, et dont l’ambition est de “divulguer des documents cachés au grand public, afin d’assurer une transparence planétaire.”
Mais ce n’est qu’en avril 2010 qu’il acquiert une notoriété mondiale avec la diffusion de la vidéo d’une bavure de l’armée américaine qui remonte à 2007. Bavure qui coûte la vie à 12 civils dont deux journalistes de l’agence Reuters.
Des images qu’il pendra soin de commenter dans tous les médias.
“Cela montre qu’on ne pas se fier aux explications qui sont données dans les médias. Médias qui après de telles tragédies tentent de nous faire comprendre qui est insurgé et qui ne l’est pas.”
Jusque-là Assange dérange, mais il est toléré. Les choses vont toutefois bien vite se gâter. La multiplication des publications de documents secrets américains sur les conflits en Afghanistan et en Irak irritent au plus haut point au Pentagone, et dans les milieux conservateurs. Aux Etats-Unis, il devient l’ennemi public numéro 1.
Tout en continuant ses révélations, Assange se réfugie en Suède, pays où la liberté des sources est un sacerdoce et dans lequel il bénéficie de nombreux soutiens. C’est alors que tombent les accusations de viol et d’agressions sexuelles de la part de deux Suédoises. Conspiration pour le faire taire ? Ses avocats et lui en sont convaincus.
Dès lors, une chasse à l’homme est engagée contre Assange. Il se dit régulièrement menacé de mort, et se trouve désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt international à la demande de la Suède.
Mais les révélations se poursuivent et deviennent de plus en plus embarrassantes, voire dangereuses pour la sécurité, comme les dernières en date. Assange persiste, signe et ne regrette rien, pas plus aujourd’hui d’ailleurs qu’il y a quelques mois.
“Si on observe le problème avec un certain recul, à mes yeux l’information est d’une telle importance, qu‘à choisir entre la publier ou ne rien publier du tout, bien sûr, nous préférons tout publier.”
WikiLeaks en butte aux cyber-attaques survivra t-il à l’arrestation de son fondateur ?
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