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A 70 ans, l’ancienne première dame Mirlande Manigat, fait donc figure de favorite à la présidence d’Haïti. Arrivée en tête au premier tour le 28 novembre dernier, la candidate du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes a fait de la lutte contre la corruption sa priorité.

Elle avait d’ailleurs dénoncé le manque de transparence du scrutin dès la première journée de vote.

“Depuis 5 heures ce matin, j’ai reçu beaucoup de coups de téléphones de partout dans le pays, et toutes les radios relaient des témoignages sur une fraude massive organisée”, déclarait-elle alors.
Elue sénatrice en 1988, Mirlande Manigat était, jusqu’ici, restée dans l’ombre de son mari, devenu la même année président d’Haïti. Quatre mois seulement après son élection, Leslie Manigat fut renversé par les militaires, le couple prit alors le chemin de l’exil.

Diplômée de la Sorbonne et de Sciences Po, Mirlande Manigat est une enseignante de carrière, elle a d’ailleurs fait de l‘éducation son principal cheval de bataille politique. Ses détracteurs lui reprochent ainsi son manque d’expérience et surtout son revirement le 1er décembre : quelques jours après le scrutin, elle reconnaissait finalement la validité du premier tour.

“Nous avons organisé beaucoup de meetings, et discuté longuement et j’ai réalisé finalement que la solution pour le pays, ce n‘était pas d’annuler les élections”, expliquait-elle.

Une décision qui la coupe d’une partie de la population puisque dès le lendemain, dans les rues de Port-au-Prince, deux mille personnes manifestent pour demander l’annulation du scrutin, dénonçant une nouvelle fois des fraudes massives en faveur du candidat du pouvoir.

Jude Celestin était pratiquement inconnu en Haïti avant la campagne électorale. Cet ingénieur de 48 ans représente Inite, “Unité” en créole, le parti au pouvoir. C’est surtout le protégé du président sortant René Préval, dont il défend par conséquent le bilan très contesté. Célestin dirigeait le Centre National des Equipements. A ce titre, il a coordonné les opérations pour dégager les cadavres des décombres du séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier dernier.

Il s’est donc presenté comme l’homme de la situation, le bâtisseur prenant en charge les infrastructures, et reconstruisant les routes. Ses adversaires l’accusent justement d’avoir financé sa campagne, très médiatique, à grands renforts de fonds publics.

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