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Saïd Jalili lie l'ONU à l'assassinat de scientifiques nucléaires en Iran

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Saïd Jalili lie l'ONU à l'assassinat de scientifiques nucléaires en Iran

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Après 14 mois d’interruption, l’Iran a repris les pourparlers avec le groupe des Six, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne. Mené à Genève, ce premier round a duré deux jours, et un nouveau rendez-vous a été pris pour fin janvier. Mais le régime iranien a fixé ses conditions et ne veut pas s’en tenir au nucléaire. Les explications de son négociateur en chef dans une interview à euronews :
 
Nima Ghadakpour, euronews :
“Quel était votre objectif en venant à Genève ? Et quelles sont vos attentes concernant ces négociations sur le nucléaire ?”
 
Saïd Jalili :
“Avant mon passage à Genève, j’ai mentionné deux ou trois points importants. D’abord, j’ai fait savoir que nous n’accepterions pas que le droit d’un peuple fasse l’objet d’une négociation, car le droit d’un peuple ne peut pas faire l’objet d’une négociation. Deuxième point : nous estimons que la politique de dialogue sous la pression est inadmissible. Dans une lettre que j’avais écrite à Madame Ashton, je lui ai demandé d‘éclaircir sa position.
Un autre point sur lequel j’ai insisté avant ma venue à Genève est le fait que la République islamique d’Iran soit prête à utiliser son influence régionale au plan politique et économique pour servir des points communs. Nous avons sérieusement évoqué cette question dans les négociations. Les grandes puissances ont donné leur avis et nous nous sommes mis d’accord pour poursuivre les négociations autour de ces points communs. Cela a d’ailleurs été la conclusion de Madame Ashton, conclusion confirmée par le groupe des 5 + 1. Et nous affirmons que nous sommes prêts à poursuivre les négociations sur ces points communs.”
 
euronews :
“En Iran, certains estiment que le pays a atteint un niveau d’autosuffisance nucléaire. D’autres en Occident, pensent que les autorités iraniennes cherchent à gagner du temps et estiment inutile la poursuite des négociations. Quelles sont les principales raisons de la reprise des négociations ?”
  
Saïd Jalili :
“Le but de notre dialogue est la coopération. Il n’est pas focalisé uniquement sur le nucléaire. Ce dialogue est basé sur la coopération autour d’inquiétudes communes. Aujourd’hui, l’une des inquiétudes de la communauté internationale est la question du désarmement nucléaire. Pourquoi les grandes puissances n’ont-elles pas encore été désarmées ? Pourquoi ici, en Europe, les Etats-Unis ont-ils violé le Traité de non-prolifération nucléaire et installé plus de 240 ogives nucléaires ? Cela inquiète aussi les citoyens européens.
Ce sont des questions essentielles qui se posent aujourd’hui, notamment pourquoi certaines puissances nucléaires ont fourni l’arme atomique au régime sioniste. C’est une inquiétude partagée par la communauté internationale. Il faut tenir compte de ces inquiétudes. Et si ces dialogues aboutissent à une coopération sur le désarmement nucléaire dans le monde entier, en empêchant la prolifération des armements nucléaires et en encourageant la coopération pacifique entre les nations, alors, ils seront utiles.”
 
euronews :
“Est-ce que l’Iran va demander la levée des sanctions ? C’est une question qui a été évoquée par le Président Ahmadinejad.”
 
Saïd Jalili :
“Ecoutez, l’un des sujets que nous avons abordé dans les négociations est le fait que certains aient fait un mauvais calcul. Et sur la base de ce mauvais calcul, ils prennent de mauvaises décisions. Dans le passé, ils pensaient pouvoir empêcher les progrès de la nation iranienne par le biais des sanctions. Aujourd’hui, nous constatons que ces sanctions ont eu un coût pour ces pays-là. Les entreprises de ces pays nous contactent et se plaignent d‘être privées d’accès au marché iranien. C’est un sujet très sérieux. Aujourd’hui, vous constatez que l’Iran se trouve dans une meilleure situation économique et politique, au point que nous allons réaliser le plus grand projet économique du pays, considéré comme une chirurgie économique. Si nous n’avions pas une situation économique acceptable, comment pourrions-nous réaliser un tel projet ?
Un autre point qui mérite d‘être pris en considération est l’assassinat du scientifique iranien qui a eu lieu la semaine dernière. C’est un immense scandale que le Conseil de sécurité de l’ONU ait mentionné les noms des scientifiques iraniens dans ses résolutions, en permettant aux terroristes d’appliquer cela. Quel est le rapport entre les terroristes et le Conseil de sécurité ? Comme vous le savez, le responsable du MI6 britannique avait déclaré trois semaines avant cet assassinat que ses services cherchaient à empêcher le développement du nucléaire iranien via certaines mesures sécuritaires.”
 
euronews :
“Vous considérez le Conseil de sécurité des Nations Unies responsable des assassinats de scientifiques ?”
 
Saïd Jalili :
“Nous pensons qu’il y a un rapport évident. Les inspecteurs de l’AIEA prennent les noms des scientifiques iraniens, les transmettent au Conseil de sécurité, lequel les rend publics, et les terroristes les assassinent. Il faut fournir des explications à la communauté internationale.”