Hashim Thaçi n’aura eu que 24 heures pour savourer la victoire de son parti. Le PDK a remporté les premières élections législatives depuis la proclamation de l’indépendance du Kosovo, en février 2008.
Selon le rapport du Conseil de l’Europe, le Premier ministre Kosovar est un chef mafieux. Assertion qui sous-entend que l’Union Européenne et les Etats-Unis ont, pendant la dernière décennie, privilégie la stabilité sur la justice.
Les allégations contre Hashim Thaçi remontent à des crimes commis juste après la guerre de 1999, lorsque l’OTAN a pris le contrôle de l’ancienne province serbe.
Originaire de la région de Drenica, après quelques années d‘études en Suisse, Hashim Thaçi devient l’un des commandants de l’UCK, l’armée de libération du Kosovo qui fait surface en 1997.
On le retrouve aux négociations de Rambouillet en France avec la Serbie début 1999.
Sans accord entre les parties, elles débouchent sur l’intervention de l’OTAN au Kosovo et les bombardements sur la Serbie.
Selon le rapport, pendant la guerre Hashim Thaçi a agi comme un chef mafieux.
Il était à la tête d’un groupe qui a commis des assassinats, a organisé un trafic d’organes et dirigé un trafic de drogues.
À la fin de la guerre, Thaçi forme le Parti Démocratique du Kosovo (PDK), dont la grande partie de ses membres vient de l’UCK.
Carla Del Ponte est la première à dénoncer publiquement l’implication présumée de Thaçi dans le trafic d’organes.
En 2008 l’ancienne procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie écrit dans son livre “La Caccia” (la Traque) que, après la guerre, l’UCK a enlevé 300 serbes du Kosovo et les a transporté jusqu‘à un village en Albanie.
Dans cette maison de l’horreur, les organes des prisonniers ont été prélevés et expédiés à l‘étranger via l’aéroport de Rinas.
En 2008, Human Rights Watch a adressé cette lettre à Hashim Thaçi alors Premier ministre, en lui demandant, vu la gravité des faits dénoncés par Carla Del Ponte, d’ouvrir une enquête.
La ministre de la justice, Nekibe Kelmendi, avait alors rejeté les allégations en les qualifiant de totales inventions.
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