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Le triste noel des chrétiens d’Irak

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S’ils croient à la naissance du Christ le 24 décembre et au père noël, ils ne croient plus à la possibilité pour eux d’exprimer librement leurs croyances dans leur pays. Les chrétiens d’Irak s’apprêtent à passer un triste Noël. En raison des risques qu’ils encourent, le Conseil des évèques irakiens a décidé de limiter les célébrations aux messes et aux prières.

“Cette année les célébrations sont moins importantes que l’an dernier, les gens ont peur, ils ne peuvent pas se déplacer facilement après les dernières attaques contre des chrétiens” explique ce commerçant.

Il y a deux mois, le 31 octobre dernier, la cathédrale syriaque de Bagdad est prise d’assaut en pleine messe par un commando kamikaze d’al Qaeda. 52 chrétiens trouveront la mort dans cette attaque condamnée au Vatican et dans le monde entier, d’une violence inouïe. Le père Jaje est chargé d’entretenir le souvenir dans ce lieu laissé volontairement en l‘état après le massacre : “Voilà nos martyrs, des jeunes, des enfants, voyez un bébé de 4 mois, ce bébé là il pleurait et la maman elle pouvait pas… Elle ne va pas l‘étouffer, et donc il continuait, ils ont envoyé une balle sur l’enfant. “

Et s’il s’agit de la pire, ce n’est pas la première attaque contre les chrétiens en Irak : “Le gouvernement, ils ne sont pas capables de protéger leur citoyens” poursuit le père Jaje.

Ce massacre, à la veille de la Toussaint, a poussé des milliers de nouveaux chrétiens irakiens à l’exode selon le HCR. Le mouvement n’est d’ailleurs pas nouveau, 400 000 d’entre eux auraient quitté l’Irak depuis 2003. Ils sont une infime minorité: 2% face aux 97% de musulmans sunnites et chiites-

Depuis 2 mois, les candidats au départ se sont fait plus nombreux. La famille Marzena a perdu un fils et un petit fils dans l‘église. Leur choix est fait, ils partent en France.

“C’est évident : à partir du moment ou ils ont osé pénétré dans la cathédrale, c‘était clair, ils iront jusqu’au bout pour nous éliminer”, pense Shaad Marzena.

Ihab et sa mère sont aussi désormais seuls au monde. L’an dernier leur famille avait gagné le prix du plus beau sapin. Cette année, pas de noël pour eux, mais des cartons, une maison vide et l’attente d’une opportunité pour partir.

“‘J’espère que les pays qui se sont montrés prêts à nous recevoir vont tenir leur promesse, je ne peux pas mener une vie normale ici dit Ihab. C’est comme si j‘étais mort. Je suis un corps sans âme.”

Et s’il y a ceux qui ont peur pour leur vie, d’autres préfèrent rester et se battre. Le père Al-Bazi dirige l‘école de la Vierge marie. 800 enfants dont 2/3 de musulmans et 1/3 de chrétiens. Le prêtre a connu les tentatives d’intimidation mais il ne veut pas renoncer. Pour lui, son école est la preuve que les religions peuvent coexister en Irak.

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