Elles ont souvent perdu un mari, un enfant, un parent dans le séisme du 12 janvier dernier. Elles sont souvent seules et sans ressources, vivant dans des conditions d’hygiène difficiles. Et elles sont une proie facile pour les gangs armés. En Haiti, les femmes sont de plus en plus victimes d’agressions sexuelles selon Amnesty International. L’organisation de défense des Droits de l’homme publie aujourd’hui un rapport qui dénonce la recrudescence des viols dans les camps de réfugiés.
‘“Comme le montre le rapport, les cas de violence sexuelle sont très répandus. Les femmes et les jeunes filles sont attaquées à l’intérieur même de leur abri dans les camps, et traînées par des hommes à un autre endroit, dans une autre tente, pour y être violées” explique Gerardo Ducos, auteur du texte.
Le rapport pointe du doigt la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles dans des camps non sécurisés, privés de lumière la nuit et de surveillance. Certains viols concernent des petites filles de 4 ou 5 ans. La fille de Jeanne Louis, 10 ans est l’une de ces victimes. Sa mère n’a rien pu faire pour empêcher le crime.
«J’entrais d’entrer dans ma tente, raconte t elle. Mon voisin m’a vue et m’a dit: “Je viens de voir des hommes violer ta fille”. Quand je suis arrivée sur place, j’ai parlé au type, il m’a dit de me taire, que sinon, il me violerait à mon tour et me battrait. Et puis ils ont commencé à nous frapper, ils ont pris nos portables et ce qu’on avait dans la tente. “
250 cas ont été recensés dans les 6 premiers mois après le séisme. Un an plus tard, chaque jour, de nouvelles plaintes sont enregistrées. Amnesty en appelle au prochain gouvernement pour que des mesures concrètes soient prises.
Mais la tâche s’avère difficile dans un pays ou les violences faites aux femmes ne sont pas nouvelles et ou elles disposent de très peu de droits et de protection.
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