Réaction internationale à l’annonce du cessez-le feu d’ETA, Brian Currin est en duplex avec nous depuis Johannesburg. Il a joué un rôle clé en tant que médiateur dans plusieurs conflits et il est désormais impliqué dans les efforts visant à parvenir à un processus de paix au pays basque.
Javier Villagarcía, euronews :
Monsieur Currin, merci d‘être avec nous. D’abord que pensez-vous de cette annonce d’ETA ?
Brian Currin :
Je crois qu’un pas très important a été franchi. Au cours du premier trimestre de 2010, les signataires de la déclaration de Bruxelles, dont 5 lauréats de la Paix, ont lancé un défi à ETA : déclarer la paix, de manière unilatérale, et parvenir à un cessez le feu permanent vérifiable, ce qui est désormais chose faite. La conséquence de tout cela est que nous sommes très proches je crois d’un processus de paix.”
euronews :
Le gouvernement espagnol estime pourtant que cette déclaration ne va pas assez loin. Que pensez-vous de cette réaction ?
Brian Currin :
Je trouve regrettable que les dirigeants du gouvernement socialiste ne fassent pas preuve de plus de courage. Et j’espère sincèrement qu’ils le feront au moment venu.
euronews :
Et que devrait faire le gouvernement espagnol pour agir avec plus de courage ?
Brian Currin :
Ce dont ils ont le plus besoin en ce moment est de s’engager avec ETA sur un processus de vérification. Pour la première fois dans l’histoire de ce conflit, ETA a convenu d’un processus de vérification du cessez-le feu, ce qui est significatif, et ça c’est extrêmement important. Quand on parle de vérification, cela implique et signifie que l’organisation chargée de s’assurer du cessez-le-feu devra recevoir des informations crédibles et pertinentes au sujet des armes, des munitions, de leur utilisation et de toutes les autres activités en rapport avec la lutte armée, afin que ladite organisation puisse s’assurer du cessez-le-feu. De mon point de vue, c’est une opportunité à ne pas manquer.
euronews :
Qui pourrait être en charge de cette mission de vérification ?
Brian Currin :
Pour ce qui est de l’organisation en charge de cette mission de vérification, je me souviens qu’un organisme de démantèlement avait été mis en place en Irlande du Nord, avec à sa tête le général John de Chateleine, en provenance du Canada. Il y a eu d’autres organismes internationaux de démantèlement et d’autres organes de contrôle des cessez-le-feu dirigés par différents experts en matière de lutte armée. Je ne veux pas commencer à spéculer sur les candidats potentiels, mais les acteurs internationaux crédibles et expérimentés ne manquent pas, qui pourraient mettre en place cette surveillance de manière indépendante, et tout cela est essentiel pour le processus.
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