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Plusieurs dizaines de tués en Tunisie selon des ONG

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Plusieurs dizaines de tués en Tunisie selon des ONG

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Le bilan des violences en Tunisie ne cesse de s’alourdir. Mardi matin, la Fédération Internationale des ligues de Droits de l’Homme (FIDH), par la voix de sa présidente, Souhayr Belhassen, affirmait que 35 personnes avaient été tuées ce week-end dans trois villes du pays : Kasserine, Regueb et Thala. Dans un entretien à l’AFP, elle précise que “le chiffre de 35 morts s’appuie sur une liste nominative.” Selon elle, le nombre total des victimes serait plus important. Le bilan officiel faisait auparavant état de 14 tués.

Les heurts ont continué lundi dans plusieurs villes du pays, notamment à Kasserine
, dans le centre-ouest de la Tunisie, alors même que les habitants enterraient leurs morts. Ces tensions ont fait de nouvelles victimes qui ont été transportées d’urgence à l’hôpital de la ville. Le ministère de l’intérieur a confirmé, le lendemain, la mort de quatre personnes.

Face à l’ampleur que prend le mouvement au fil des jours, les autorités ont pris de nouvelles mesures. Les écoles et universités ont été fermées ce mardi et ce jusqu’à nouvel ordre. Mais pas seulement. Contactée par téléphone, la bloggeuse militante Lina Ben Mheni explique à euronews ce matin qu’à Kasserine “Tout est fermé. On a essayé d’avoir un hôtel mais les hôtels sont fermés ; les boutiques sont fermées ; les supermarchés sont fermés.” Elle déclare aussi avoir vu des pillages de magasins dans le centre ville. Ces personnes lui expliqué leur geste car ils n’avait plus à manger.
Au cours de la journée, la tension monte dans la ville. En début d’après-midi, Lina Ben Mheni annonçait par twitter une manifestation en préparation, effectivement en cours quelques heures plus tard. Depuis plusieurs jours, la jeune femme se déplace à travers la Tunisie pour témoigner des événements sur son blog “A Tunisian Girl”, sur Facebook et sur Twitter, photos à l’appui. Son témoignage est précieux alors que les journalistes tunisiens et étrangers sont empêchés de travailler.

Lundi, le président Zine el-Abidine Ben Ali a qualifié ces manifestations d’“actes terroristes” dans un discours télévisé. Pourtant, comme l’explique dans un email à euronews une employée, actuellement au chômage, de Bizerte dans nord du pays “il ne faut pas se tromper […] le problème est d’ordre socio-politique et la religion n’a rien à voir là-dedans”.

Appel à témoignage
Vous vivez en Tunisie ? Racontez-nous ce que vous vivez et ce dont vous êtes témoin.
Quelle est la situation dans votre ville ? Quelle forme prennent les mouvements de protestation ? Et pour mieux comprendre l’origine du mécontentement, partagez avec nous vos difficultés dans la vie quotidienne.
Ecrivez-nous à @euronews.net, sur facebook ou sur twitter.

Marie Jamet