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Sur le web, les Tunisiens expriment joie et inquiétude


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Sur le web, les Tunisiens expriment joie et inquiétude

C’est fini. Le président Ben Ali a abandonné le pays. Dans les heures qui suivent l’annonce de sa fuite, Twitter bruisse de réactions et appels à la prudence.. Revue.

Vendredi un peu avant 19h, l’annonce est officielle à la télévision : Ben Ali a quitté le pouvoir. Nawaat, le blog collectif indépendant, répond en un seul mot “historique”. On peut y lire (en anglais) la fierté d’un peuple : Tunisie : un petit pays, une grande nation

Puis les tweets enflammés fusent : , “WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA”, “TOUNES LIBRE”. “Sur ce, un dictateur est parti! Pensez-y! ++” lance @Naddo_O. “Tout a changé, les tunisiens ont écrit leur histoire, tout a changé…. TOUT A CHANGE! :D” s’exclame quant à lui @Mimouna un Tunisien résident en France.

Cependant parmi les messages de joie, on lit aussi des appels au calme et à la prudence. La militante Emna Ben Jemaa (@Emnabenjemaa) réclame dès 20h : “Pas de manifestation de joie. rien n’est encore acquis… et n’oublions tous les morts (y compris ceux d’aujourd’hui)”

En effet, alors que tous s’attendaient dans l’après-midi à ce que le président du Parlement prenne les rennes au départ de Ben Ali, c’est le Premier ministre Mohammed Ghannouchi qui a annoncé à la télévision assurer l’intérim de la présidence. Il explique que le chef de l’Etat “n’est temporairement pas en mesure d’exercer ses responsabilité“.

Ceci ne manque pas de déclencher colère et scepticisme chez de nombreux militants. “Nous venons d’assister à un hold-up sur la République”, s’insurge Astrubaal (@Astrubaal), un des administrateur de Nawaat, qui ajoute un peu plus tard : “Si on ne fait pas en sorte que la Constitution soit respectée pour cette transition, elle ne le sera pas, non plus, ultérieurement.”

En effet, le Premier ministre dit s’appuyer sur l’article 56 de la Constitution, selon lequel il remplace le président en cas d‘«empêchement provisoire». @miroh_ prévient : “selon l’article 56, le président n’a pas quitté le pouvoir ! #Tunisie

Puis pendant la soirée, tout le monde cherche Ben Ali, entre la Sardaigne, Malte et Paris. L’avion tourne, l’ex-président semble cherche un soutien parmi ses anciens amis. Sans succès…. L’arrivée du président en fuite est enfin annoncée à Jeddah, en Arabie saoudite, à 1h du matin. Ironie du destin. “@ByLasKo: L’Arabie Saoudite accueille le dictateur qui a interdit la polygamie et le voile dans les administrations publiques.. #madworld”

Ce matin, après une nuit sous le couvre-feu et l’état d’urgence encore en vigueur dans le pays, on parle de “premier petit déjeuner en liberté!”. Lina Ben Mhenni (@benmhennilina), une blogueuse militante lance décidée : “une autre journée de lutte commence #sidibouzid

Photo de la manifestation célébrant la chute de Ben Ali, Paris le 15 Janvier. (© Kinan Muasses).

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