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Embarras de Bruxelles qui reçoit le dirigeant ouzbek

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Embarras de Bruxelles qui reçoit le dirigeant ouzbek

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La poignée de main est crispée et les visages austères… José Manuel Barroso recevait ce lundi à Bruxelles le président ouzbek. Une visite dont il aurait préféré qu’elle reste discrète, et pour cause. A l’heure où l’Europe donne des leçons de démocratie, c’est surtout pour parler de coopération énergétique qu’elle a accueilli Islam Karimov, un despote qui avait fait réprimer dans le sang le soulèvement d’Andijan en 2005. 1.500 personnes auraient alors péri. L’Union avait même sanctionné le régime.

Dénonçant la realpolitik européenne, Human Rights Watch et d’autres ONG ont battu le rappel. Parmi les personnes présentes, la dissidente Mutabar Tadjibaeva :

“Il est clair que si ils invitent un dictateur à discuter d’affaires énergétiques, il me semble qu’ils sont plus intéressés à discuter d‘énergie, de gaz, que des droits de l’Homme en Ouzbékistan”, a-t-elle commenté.

Islam Karimov avait aussi rendez-vous avec le patron de l’OTAN, mais bizarrement, ni la Commission, ni l’OTAN, ni la Belgique n’ont reconnu être à l’origine de cette invitation.

“Nous n’avons pas d’objection à ce que le Président Barroso rencontre le Président Karimov, à condition qu’il soit préparé à soulever de manière publique, ouverte, ferme et directe des préoccupations urgentes concernant les droits de l’Homme : la libération de défenseurs des droits de l’Homme emprisonnés, l’inexistence d’une société civile qui fonctionne en Ouzbékistan, le recours persistant au travail des enfants dans l’industrie du coton et d’autres abus ayant persisté pendant si longtemps”, martèle Steve Swerdlow de Human Rights Watch.

La Commission a promis de ne pas passer sous silence les droits de l’Homme, mais rien n’a filtré de l’entretien. L’an dernier, 39 détenus auraient péri dans les geôles ouzbèkes suite à des tortures.