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Bocuse d'or : un podium gastronomique 100% nordique

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Bocuse d'or : un podium gastronomique 100% nordique

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Défilé de haute-gastronomie cette semaine à Lyon, à l’occasion du Bocuse d’Or. Cette compétition a lieu tous les deux ans et se veut le plus prestigieux concours mondial de cuisine.

Dans les gradins : des supporters déchaînés. Dans les box : des chefs sur-entraînés venus du monde entier. Le tout sous l’oeil avide et omniprésent des caméras.

Ce combat de toques oppose pendant deux jours 24 chefs rescapés des épreuves de présélection. Parmi eux, l’Andalou Juan Andrés Morilla. Lui a failli renoncer faute d’argent. Mais des sponsors de dernière minute ont sauvé son rêve.

“On va accompagner l’agneau de truffes et de “migas”, un plat typique en Espagne et de la truffe de Sarrion, qui vient de Teruel que l’on apporté pour le concours. La lotte on va l’accompagner d’un caviar de Riofrio, c’est du caviar que nous avons à Grenade,” explique-t-il.

A partir d’ingrédients imposés – lotte et agneau cette année – chaque chef apporte sa propre touche régionale. Epaulés par deux commis, ils ont 5 heures et 35 minutes pour préparer ces deux plats et leurs trois garnitures.

Depuis la création des Bocuse d’or en 1987, la France et les pays nordiques s’adjugent les premières places. Pour hisser leur pays sur la plus haute marche de la gastronomie mondiale, outre le talent des chefs, il faut des moyens et une volonté politique, reconnaît Yannick Alléno, président d’honneur du jury : “il y a la France évidemment en tête de palmarès et il y a aussi les pays nordiques, le Danemark, la Norvège qui sont très présents sur les podiums pour une raison simple. Ils ont compris à un moment donné qu’il fallait unir leurs forces derrière leur candidat. Donc ils mettent tous les moyens en oeuvre pour que leur candidat réussisse. On a vu monter des cuisines identiques à celles que l’on voit sur la zone concours et le candidat s’extrait de l’entreprise et travaille pour le Bocuse d’Or pendant 6 mois sans arrêt.”

Un jeu difficile mais qui en vaut la peine. De plus en plus médiatisé, le Bocuse d’or assure au lauréat un nouvel élan dans sa carrière. C’est ce que confirme le gagnant du précédent trophée, le norvégien Geir Skeie qui préside le jury cette année.

“Ma vie a changé du jour au lendemain, se souvient-il. Je travaille dans le monde entier, en Asie, aux Etats-Unis, en Europe, je voyage beaucoup. C’est très sympa.”

Chaque plat est goûté et noté par un jury de 24 chefs également. Le goût, la présentation et l’originalité sont pris en compte.

“Je fais toujours attention au respect du goût original de l’aliment, confie Geir Skeie. A ce que l’on puisse reconnaître clairement ce que l’on mange. De sorte que quand vous goûtez le poisson, votre bouche vous dit que c’est du poisson et que c’est la saveur de tel poisson.”

L’heure du verdict a sonné pour Juan Andrés, notre chef andalou, heureux d’avoir participé malgré les difficultés, et réaliste quant à ses chances.

“C’est fini, on l’a fait, dit-il dans un soupir. Maintenant il ne faut plus penser qu’on a manqué d’argent, il faut se réjouir d’avoir été ici et s’en rappeler longtemps. Nous connaissons nos limites et nous savons que ça a été très difficile, il y a de très bons concurrents. On veut garder les pieds sur terre, ne pas se faire d’illusions, sinon le coup est plus dur”.

Et effectivement ce n’est pas l’Espagne, mais le Danemark qui remporte le précieux trophée remis par Paul Bocuse en personne.

Le Danois Rasmus Kofoed était déjà Bocuse de bronze en 2007, et Bocuse d’argent en 2009. C’est donc une consécration pour ce chef, propriétaire du restaurant Geranium, à Kovenhavn.

La Suède et la Norvège complètent le podium. Un grand chelem nordique qui conclut ce grand show culinaire.