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Le "vendredi de la colère" souffle sur l'Egypte

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Le "vendredi de la colère" souffle sur l'Egypte

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A l’issue de la prière traditionnelle du vendredi, des manifestations contre le régime ont commencé à s‘étendre en début d’après-midi dans tout le Caire et dans plusieurs autres villes du pays.

A Alexandrie, la deuxième ville du pays, la police a rapidement commencé à faire usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées pour disperser plusieurs milliers de manifestants rassemblés dans le centre ville. Peter Bouckaert, de l’organisation Human Rights Watch, témoigne sur le site du Guardian comment la police a été dépassé par les manifestants. Selon lui, après de violents affrontements qui ont duré près de deux heures, la police a été submergée par une masse de gens. Il raconte en milieu d’après-midi : “Tout est devenu pacifique (…) L’atmospère est festive. Des femmes voilées, des vieux hommes, des enfants. Aucun policier alentour.”

Mais l‘énorme majorité des forces de l’ordre semblent encore obéir aux ordres. Dans la capitale, des dizaines de personnes ont été blessées dans le centre-ville. En fin de journée, près de la place de l’Opéra, des dizaines de personnes revenaient en sang de confrontations avec les forces de l’ordre, un jeune homme marchant le torse nu ayant notamment le dos marqué d’impacts de balles en caoutchouc.

Selon Al Jazeera, une personne a été tuée sur la place Tahrir, dans le centre ville de la capitale. C’est sur cette même place que le mardi 25 janvier, près de 30 000 personnes s‘étaient rassemblées pour demander la fin du régime de Hosni Moubarak, qui tient le pays depuis 1981.

Des affrontements avec la police ont lieu également à Suez, haut lieu des troubles de ces derniers jours. Une personne y a été tuée cet après-midi. Des accrochages sont aussi rapporté dans plusieurs villes du Delta du Nil, comme Mansoura et Charkia où des dizaines de milliers de personnes sont descendues protester dans la rue.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont cet après-midi dans la rue dans de nombreux quartiers du Caire, scandant “le peuple veut la chute du régime”, alors que la police semble totalement débordée et tente de disperser les foules à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Parties de plusieurs quartiers de la rive est du Nil, où se trouvent la plupart des bâtiments gouvernementaux, les manifestations ont également gagné de nombreux secteurs de la rive occidentale de la capitale où vivent quelque 20 millions de personnes.

Les journalistes ne sont pas épargnés par la répression, quatre journalistes français auraient été arrêtés selon l’AFP.

L’accès avec l’Egypte est coupé ce vendredi : l’internet est quasi totalement bloqué, les services de messagerie téléphonique ne fonctionnent plus ainsi que les communication par téléphone portable. Le régime égyptien face à un mouvement de contestation qui entame son quatrième jour a pris des mesures radicales.

Après une dernière vague d’arrestations menée pendant la nuit de jeudi à vendredi, parmi les rangs du mouvement d’opposition des frères musulmans, il s’agit pour le régime de stopper net les images et les informations sur la contestation.

La personne visée par la colère populaire, Hosni Moubarak, est resté silencieux depuis le début du mouvement de contestation.