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Des manifestations débutent dans toute l'Egypte, la répression aussi

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Des manifestations débutent dans toute l'Egypte, la répression aussi

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Des manifestations contre le régime ont débuté en début d’après-midi, à l’issue de la prière traditionnelle du vendredi.

Rapidement, des informations sur des premiers affrontements filtrent malgré le black-out imposé par les autorités. Selon un journaliste de l’AFP à Alexandrie, la police a rapidement commencé à faire usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées pour disperser plusieurs milliers de manifestants rassemblés dans le centre ville de la deuxième ville d’Egypte. La chaîne al Jazeera fait état d’une unité de policiers à Alexandrie refusant d’utiliser des gaz lacrymogènes.

Mais l‘énorme majorité des forces de l’ordre semblent encore obéir aux ordres. Dans la capitale, des protestataires ont manifesté près de la mosquée où le prix nobel de la paix et opposant au régime Mohamed El Baradeï s‘était rendu pour prier et ont appelé à la démission du président Hosni Moubarak. Ils ont lancé des pierres sur la police qui a répliqué en tirant des balles en caoutchouc.
Selon un correspondant d’Al Jazeera, la police ont tenté de bloquer l’accès à la place Tahrir, dans le centre ville de la capitale, par des gaz lacrymogènes. Les manifestants ont finalement pris possession de la place. C’est sur cette même place que le mardi 25 janvier, près de 30 000 personnes s‘étaient rassemblées pour demander la fin du régime de Hosni Moubarak, qui tient le pays depuis 1981. Le mouvement semble s’amplifier après avoir fait en trois jours sept morts et des dizaines de blessés et entraîné plus d’un millier d’arrestations.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont cet aprés-midi dans la rue dans de nombreux quartiers du Caire, scandant “le peuple veut la chute du régime”, alors que la police semble totalement débordée et tente de disperser les foules à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Parties de plusieurs quartiers de la rive est du Nil, où se trouvent la plupart des bâtiments gouvernementaux, les manifestations ont également gagné de nombreux secteurs de la rive occidentale de la capitale où vivent quelque 20 millions de personnes.

Les journalistes ne sont pas épargnés par la répression, quatre journalistes français auraient été arrêtés selon l’AFP.

L’accès avec l’Egypte est coupé ce vendredi : l’internet est quasi totalement bloqué, les services de messagerie téléphonique ne fonctionnent plus ainsi que les communication par téléphone portable. Le régime égyptien face à un mouvement de contestation qui entame son quatrième jour a pris des mesures radicales.

Après une dernière vague d’arrestations menée pendant la nuit de jeudi à vendredi, parmi les rangs du mouvement d’opposition des frères musulmans, il s’agit pour le régime de stopper net les images et les informations sur la contestation.

Un journaliste du quotidien indépendant El Masri el Yaom témoigne juste avant le début de la prière la mosquée Omar Makran est fermée, des camions de police bloquent l’entrée.

De plus, selon une dernière conversation téléphonique que nous avons réussi à avoir ce matin avec un jeune Egyptien à Alexandrie, la ville est sous tension et la présence policière lourde. Il se dit inquiet de la tournure que prennent les événements et craint la répression du régime. Depuis cette conversation, nous ne parvenons pas à joindre de contacts sur place par téléphone, un seul message se répète : “le téléphone n’est pas disponible… “. Aujourd’hui, seules les lignes de téléphone fixe fonctionnent.

La personne visée par la colère populaire, Hosni Moubarak, est silencieux depuis le début du mouvement de contestation.