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L'inquiétude en Israel

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L'inquiétude en Israel

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Les Israéliens assistent depuis 2 semaines, impuissants, au vacillement d’un régime sur lequel ils ont toujours pensé pouvoir s’appuyer. Confidentiellement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait appelé les chancelleries européennes et américaines à soutenir Moubarak, tout en restant mesuré en public.

“La paix entre Israel et l’Egypte dure depuis plus de trois décennies, et notre objectif c’est que cela continue” s’est-il contenté de dire en cabinet hier.

En fait, depuis le début des troubles en Egypte,

l’inquiétude est vive en Israel, répercutée à la “une” des grands journaux du pays, comme Haaretz qui titrait hier “un nouveau Moyen-Orient”, faisant référence à une montée des périls.

L’Egypte, le plus peuplé des pays arabes, fut le premier en 1979 à signer la paix avec l’Etat hébreu, mettant un terme à plus de 30 ans de guerre. La Jordanie ne suivra qu’en 1994, juste après les accords d’Oslo. Mais Israel ne parviendra jamais à faire la paix avec les autres voisins arabes.

L‘élan d’Oslo lui même sera brisé par les nombreux obstacles entre israéliens et palestiniens, ce malgré la médiation permanente de l’Egypte entre les deux parties… Quand le Hamas prend le pouvoir à Gaza en 2007, Israel place tous ses espoirs de médiation au Caire. L’Egypte ne ménagera pas ses efforts, malgré sa méfiance à l‘égard du mouvement islamiste, qui entretient des liens avec les Frères musulmans, bête noire du régime de Moubarak. Et c’est l‘éventualité même de l’arrivée au pouvoir de ce mouvement de plus en plus populaire en Egypte qui effraie aujourd’hui l’Etat hébreu. Cette organisation prône un Etat dirigé par la loi islamique.

Dans ce contexte, la nomination d’Omar Souleiman comme vice-président a rassuré un peu. L’homme est bien connu en Israel, il y a effectué de nombreuses visites, notamment pour renforcer la coopération sécuritaire contre le Hamas. S’il venait à remplacer Moubarak, la continuité du pouvoir serait assurée et avec elle la stabilité.

“Les généraux du régime actuel sont attachés à la paix, à entretenir des relations avec les Etats Unis États et l’Occident. La grande question c’est, que se passera-t-il après les élections? Qui arrivera au pouvoir?” interroge cet ancien ambassadeur israélien au Caire.

Nul ne sait ce qui naîtra de ce soulèvement populaire. Et c’est bien l’inconnu qui fait peur. Au moment ou les chiites du hezbollah reprennent la main au Liban où les relations avec l’allié turc sont au plus mal, Israel redoute un isolement encore plus grand.