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Un bactéricide intelligent pour lutter contre les maladies nosocomiales

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Un bactéricide intelligent pour lutter contre les maladies nosocomiales

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Staphylocoque, Candida, Pseudomonas et autres acinetobacter, ces germes représentent à eux seuls plus de 80% des infections hospitalières, connues aussi sous le nom de maladies nosocomiales.

L’infection, qui n’existait pas avant l’admission du patient, est contractée durant les 48 premières heures à l’hôpital.

“Il faut qu’il y ait au moins 3 facteurs qui soient réunis pour déclarer une maladie nosocomiale : un agent infectieux, un mode de transmission, et un sujet réceptif, explique le docteur Véronique Hallot.”

Dans la majorité des cas, la transmission se fait par les mains, mais les bactéries circulent également sur les chaussures, les poignées de porte, les surfaces de travail, et dans l’air ambiant.

“Il y a plusieurs germes en cause, notamment le staphylocoque, parce qu’en fait les staphylocoques sont des germes de la peau, des germes saprophytes, mais qui peuvent devenir multirésistants. Alors pour diverses raisons, soit parce que le patient est fragilisé, soit parce que justement au sein des milieux hospitaliers, on utilise des traitements antibiotiques à large spectre qui vont entraîner des résistances bactériennes, ajoute le docteur Véronique Hallot.”

Au moins un tiers de ces décès pourraient, selon de récentes études, être évité. L’accent est donc mis en priorité sur les mesures d’hygiène : port de gants et de masques, stérilisation du matériel et traitement des surfaces.

Dans cette clinique du sud-ouest de la France, Bluetoo fait désormais partie du quotidien. L’originalité de ce bactéricide, c’est son support visuel. La transparence du produit 5 minutes après application assure une efficacité de 99,99%, selon les normes européennes.

Créé à Villemur-sur-Tarn, dans la périphérie de Toulouse, Bluetoo a été mis au point avec le concours de Bernard Pouyet, ancien doyen de l’université de chimie de Lyon.

Ciel Vert, l’entreprise qui le commercialise, est déjà certifiée à l’international pour des organismes comme l’OTAN. Bernard Joaniquet, son directeur, a imaginé le produit à la demande d‘établissements de santé, qui croulaient sous les procédures de familles de patients.

Un produit à la fois nettoyant, désinfectant, et destructeur d’odeurs.

“La cible prioritaire du produit et ce pour lequel il a été créé, concerne tout ce qui est médical et paramédical, c’est-à-dire tout ce qui est cliniques, hôpitaux, maisons de retraite, les crèches, les centres de rééducation, de convalescence, les ambulances, les pompiers. Mais aujourd’hui avec la psychose liée à l’hygiène par rapport à la H1N1, la listeria, la vache folle, c’est l’ensemble des secteurs d’activité à travers le monde qui à priori doivent être intéressés par Bluetoo, raconte Bernard Joaniquet, directeur de Ciel Vert.”

Pas surprenant donc que cette crèche qui accueille chaque jour une vingtaine d’enfants en bas âge ait décidé d’en avoir à son tour l’usage.

L’idée étant ici de diminuer le risque de propagation des maladies le plus souvent véhiculées par les enfants, comme les rhynopharyngites, les bronchiolites, ou encore les otites.

“On désinfecte les tables, normalement après une activité, on désinfecte les tables aussi au maximum, les jouets aussi sont désinfectés puisque les enfants mettent beaucoup les jouets dans la bouche, et c’est par cette transmission orale que l’on véhicule les maladies, explique Martine Echafi, directrice de crèche.”

L’avenir nous dira si Bluetoo sera également en mesure d’envahir le marché des particuliers tant convoité.