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Les Pro-Moubarak contre-attaquent

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Les Pro-Moubarak contre-attaquent

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Sur la Corniche du Nil, non loin de l’immeuble de la télévision une centaine de personnes scandent des slogans en faveur du président en fin de matinée. “Oui à Moubarak, le leader de la nation arabe”. Ils clament à l’unisson “Avec notre âme, avec notre sang, nous nous sacrifions pour toi Moubarak”. Un petit groupe se détache et s’approche de la place Tahrir. Vers 11h, un autre groupe nargue les manifestants à une entrée de la place. Un officier de l’armée se tient entre les deux groupes.

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Même quartier, deux heures plus tard, 500 personnes descendent la rue Sherif, avec le renfort d’une voiture munie de haut-parleurs… Aux passants on distribue des tracts. “Non au désordre. Oui a Moubarak”. Un peu plus tard, un autre groupe passe dans la rue. Klaxons à profusion. Dans les rues du centre, tous demandent “Tu veux qu’il reste ou pas ?” La confusion règne.

Tout le monde parle aujourd’hui de tels groupes dans de nombreux quartiers de la capitale. On craint de nouveaux affrontements. Vendredi dernier, quand la police avait quitté les rues de la capitale et des autres villes du pays, de nombreux “baltageya” (des hommes payés pour agresser – NDLR) avaient déjà fait des dégâts. Depuis, les groupes de vigilance civile se sont organisés et ont réussi à rétablir un semblant d’ordre.

Hier déjà, peu après le discours du président égyptien, des groupes de pro-Moubarak ont commencé à se faire entendre. Vers minuit, ils se sont rendus à grand bruit vers Tahrir. Quelques minutes plus tard, une jeune manifestante sur la place a entendu des voix et des slogans qui s’approchaient. Puis un homme en civil a donné des ordres aux soldats qui se sont rapidement assuré que la rue était sécurisée. “Ne passez pas par là” déclaraient-ils aux manifestants qui voulaient remonter la rue Talat Harb. Tout le monde a vite compris le danger et le risque d’un affrontement. “J‘étais avec une amie, on est parties en courant dans l’autre direction, par la rue Tahrir”, explique Sarah. Au bout de 50 mètres, les soldats nous ont conseillé de ne pas sortir, il y aurait une trentaine d’hommes armés. On voulait rentrer mais impossible de tourner à gauche. A chaque barrage, on nous disait d‘éviter le secteur. Après un large détour, nous avons réussi à rentrer à la maison. C‘était très stressant parce qu’il était impossible de savoir si les jeunes qui contrôlent le quartier étaient bien de la manifestation et pas des baltageya.”

Moïna Fauchier Delavigne, envoyée spéciale d’euronews au Caire