DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Dans un hôpital de campagne, même les blessés restent déterminés

Vous lisez:

Dans un hôpital de campagne, même les blessés restent déterminés

Taille du texte Aa Aa

En allant sur la place Tahrir, nous avons été interpellés par des personnes qui voulaient nous montrer les victimes des violences. Dans la petite mosquée de Ibad el Rahman, ainsi que dans la ruelle devant, des dizaines de blessés étaient soignés. Des tapis avaient été installés sur la chaussée. La plupart des victimes avaient reçu des pierres sur la tête. Nous avons aussi vu un jeune homme avec une coupure profonde à la jambe. Un des docteurs sur place nous a confirmé avoir soigné plusieurs personnes qui avaient reçu des coups de couteau.

hôpital de fortune dans une mosquée

Juste après notre arrivée, nous avons assisté à une scène étrange : deux blessés ont été embarqués. Ils avaient été soignés et allaient être livrés à l’armée. C’étaient des gros bras du régime.

Du coté des blessés, le plus frappant étaient leur détermination, inébranlable. Tous ceux qui étaient encore capables de parler l’assuraient : ils n’allaient pas abandonner…. Moubarak venait de prouver qu’il était encore pire que ce qu’ils pensaient. Plusieurs personnes allongées par terre faisaient encore même le signe de la victoire de la main.


hôpital de fortune dans une mosquée

La tension était palpable. Sur la place Tahrir, les violences continuaient et à une cinquantaine de mètres de nous, des pro-Moubarak scandaient encore leurs slogans. Entre eux et nous, il y avait trois cordons de sécurité de citoyens. Nous avons passé une heure entière sur place, et pendant tout ce temps, des blessés arrivaient toutes les quelques minutes, portés à bras d’hommes.

Moïna Fauchier Delavigne, envoyée spéciale d’euronews au Caire