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La bataille au coeur de la capitale égyptienne est de plus en plus violente

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La bataille au coeur de la capitale égyptienne est de plus en plus violente

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La bataille rangée entre pro et anti-Moubarak se poursuit dans le centre du Caire, mais au deuxième jour des violences, les jets de pierres ont fait place à des coups de feu. Le bilan des victimes, difficile à confirmer, serait d’au moins dix morts; pour les blessés, les services médicaux égyptiens parlent désormais de plus d’un millier de personnes touchées. Et pour la première fois, toujours de source médicale, un étranger aurait été battu à mort en plein centre-ville.

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Si l’armée égyptienne était restée simple spectatrice tout au long de la journée de mercredi, elle a fini par s’interposer entre les deux camps ce jeudi. Elle a mis en place une “zone tampon” sur la place Tahrir où des chars restent stationnés. Ce “no man’s land” n’a pourtant pas empêché des accrochages violents entre les opposants à Hosni Moubarak et les partisans du régime. Ces derniers ont notamment pu accéder au pont du 6 octobre, qui domine la place Tahrir, pour lancer des blocs de pierre et des bouteilles incendiaires sur les manifestants.

Sous l’oeil des militaires égyptiens qui tiennent leur promesse de ne pas tirer sur la foule depuis lundi dernier, les anti-Moubarak ont continué de s’organiser. Des camionnettes remplies de vivres et de boissons ont réussi à accéder à la place emblématique de la révolte. Et des milliers de pierres sont gardées en réserve derrière les barricades. Le face-à-face promet donc de durer dans le centre de la capitale égyptienne. La coalition hétéroclite de l’opposition, et les groupes de jeunes initiateurs de la contestation, persistent à ne demander qu’une seule chose: le départ immédiat de Hosni Moubarak de la présidence.

Le vice-président récemment nommé Omar Souleimane a toutefois multiplié les annonces ce jeudi, afin sans doute d’apaiser la révolte. Il a notamment affirmé que le fils du raïs, Gamar Moubarak, ne serait pas candidat à la prochaine présidentielle prévue en septembre prochain. Par ailleurs, des mesures judiciaires ont été prises à l’encontre de l’ex-ministre égyptien de l’Intérieur: il ne peut plus sortir du territoire, et ses comptes bancaires sont gelés. De quoi satisfaire en partie la population, puisque ce ministre est accusé d’avoir ordonné aux policiers de tirer à balles réelles sur les manifestants la semaine dernière.