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“Tu peux parler à l’étranger là-bas ? Il faut vérifier son passeport…”

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“Tu peux parler à l’étranger là-bas ? Il faut vérifier son passeport…”

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Ce matin, un jeune Egyptien trentenaire du centre-ville, Mohammed, est passé par la place Talaat Harb pour aller prendre un café. Il raconte l’ambiance et sa rencontre avec un étranger un peu perdu…

“Sur la place Talaat Harb, il y a quelques personnes. A peu près deux cents. Les gens se parlent un peu, se regardent. Personne ne sait qui est de quel bord mais on dirait qu’il y a surtout des supporters de Moubarak. Autour de la place, les rues sont fermées par des barrages. La rue Talaat Harb, en direction de la place Tahrir, est contrôlée par une chaîne humaine. Ils laissent passer au compte-goutte. L’accès à la rue Qasr el Nil, qui mène au musée Egyptien est complètement fermé par une barrière gardée par d’autres civils. La rue était jonchées de pierres et on a vu une vespa brûlée… La rue Mahmoud Bassiouni, qui débouche sur la place Abdel Monem Riad était bloquée. 300 mètres plus loin, on pouvait voir une foule compacte de manifestants. Presque tous les magasins sont fermés aujourd’hui, même les petits restaurants de sandwichs qui étaient pour l’instant encore ouvert tous les jours. Les rideaux de fer sont baissés.

On a remonté la rue Maarouf et allions passer un autre barrage. Le jeune qui contrôlait les papiers m’a demandé si je parlais anglais et m’a dit : ‘Tu peux vérifier les papiers de l‘étranger là-bas ?’ On est donc allé discuter avec lui. C’était un journaliste hongrois. Il loge dans un hôtel sur la place mais comme les gens se méfient de lui s’il reste à l’intérieur, il préfère être dans la rue. Le problème, c’est que dans la rue aussi, c’est compliqué pour lui. Il a finalement passé le barrage avec nous. Il nous a dit avoir été menacé plusieurs fois hier. Il est aussi allé prendre un café. J’ai ensuite parlé avec le jeune du barrage et lui ai expliqué qu’il ne fallait pas être agressif avec les étrangers. Je lui ai demandé pourquoi il voulait absolument vérifier son passeport. Il nous a dit qu’il avait entendu qu’un Israélien avait été arrêté à Garden City (un quartier tout proche du centre-ville). Il détenait une carte du Caire… J’ai tenté de lui expliquer de se méfier des rumeurs…”