DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Egypte : top départ pour le "vendredi du départ"

Vous lisez:

Egypte : top départ pour le "vendredi du départ"

Taille du texte Aa Aa

Ce vendredi matin, la Place Tahrir, cœur du mouvement de protestation qui entame son onzième jour, se remplit de monde. Aujourd’hui, c’est le “vendredi du départ”. Les manifestants espèrent mobiliser un million de personnes pour forcer le président Moubarak à quitter le pouvoir.

L’atmosphère est très décidée dans le centre-ville de la capitale. Les protestants ne veulent plus d’un président qui tient le pays depuis 30 ans. La détermination semble avoir été renforcée à la suite des violences subies par les manifestants. Les activistes estiment qu’un grand nombre de personnes représente la meilleure protection contre une répression.

Mercredi, des supporters de Moubarak ont lancé l’offensive contre la manifestation pacifique qui se tenait sur la place. Les baltageyas (gros bras payés par le pouvoir pour faire des dégâts) ont attaqué les manifestants à coup de pierres et d’armes blanches. Une bataille entre pro- et anti-Moubarak s’est ensuivie.

Dans un hôpital de campagne même les blessés restent déterminés

Au moins huit personnes ont été tuées et plus de 800 blessées mercredi et jeudi matin Plus de 300 personnes ont péri pendant la première semaine de la contestation, selon un bilan non confirmé de l’ONU.
Dans la nuit précédent cette journée cruciale, des milliers de manifestants ont encore campé sur la place, malgré le couvre-feu.

En début de matinée, il était déconseillé de passer par la place Abdel Monem Riad, au nord de la place Tahrir, derrière le musée Égyptien. A cet endroit, des violents heurts se sont poursuivis hier. D’autres témoins sont parvenus à se rendre sur la place, en passant par le coté Est.
Mais dans la matinée, les accès ont été bloqués. Oussama, un jeune Egyptien, tentait vers 10h de se rendre sur la place depuis Guizèh mais plusieurs accès par le Sud étaient déjà complètement fermés par des barrages de l’armée et des personnes en civil qui semblent appartenir à la sécurité d’Etat. Il a ensuite tenté de passer par le nord ouest mais tous les accès aux ponts du 6-Octobre en direction de Tahrir étaient contrôlés par des baltageyas. Quelques centaines d’hommes armés de bâtons et d’armes blanches. Il a dû abandonner et rentrer chez lui. Il a passé une bonne partie de la nuit dehors pour protéger sa rue, non loin de l’ambassade de France.

Le régime mène une large répression pour tenter de museler ce mouvement de protestation inédit dans le pays. Plusieurs militants des droits de l’homme ont été arrêtés hier, notamment du centre Hicham Moubarak, d’Amnesty et de Human Rights Watch.
De plus, les journalistes ont été visés. Ils ont été battus, interpellés ou menacés. Les cameras ont été confisquées par la réception de l’hôtel Ramses Hilton “par ordre du gouvernement, pour vous « protéger ». Et il était demandé aux journalistes présents de ne pas regarder par les fenêtres, qui donnent sur la place Tahrir. voir article

Un journaliste britannique du journal The Atlantic à été violemment pris a parti après avoir été pris pour un Iranien. Plusieurs autres ont été violemment battus.

www.theatlantic.com

Les journalistes ne sont pas les seuls visés : les journaux officiels et la télévision d’Etat mène une véritable campagne de propagande insinuant que des groupes étrangers seraient derrière les troubles. Les non égyptiens sont donc maintenant devenus louches.
Dans les rues du Caire, les jeunes qui contrôlent la sécurité parlaient eux aussi beaucoup ce jeudi d’étrangers arrêtés dans différents quartiers du Caire : israéliens, iranien, membres du Hamas, du Hezbollah. Les rumeurs courent.

Le vice-président Omar Soleiman n’a pas calmé la paranoïa. Il a déclaré hier soir à la télévision que “des éléments profitaient surement des événements : des groupes étrangers ou égyptiens qui ont leur agenda et veulent le réaliser.” Selon lui, les Frères musulmans ou des pays étrangers pourraient être impliqués.

Suivez les événements en Egypte en direct

From our correspondents in Cairo

Moïna Fauchier Delavigne, envoyée spéciale d’euronews au Caire