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Place Tahrir: un lieu de vie, un lieu de libertés ?

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Place Tahrir: un lieu de vie, un lieu de libertés ?

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La place Tahrir est devenue une petite ville dans la ville… En deux semaines, les manifestants se sont organisés. Des familles entières ont établi domicile sur ce qui est devenu le symbole de la protestation anti-Moubarak.

On dort, on mange, on prie sur la place de la Libération, qui n’a jamais aussi bien porté son nom.

Un journal est même né: le Midan al Tahrir est photocopié et se passe de la main à la main.

On vient ici de toute l’Egypte, surtout les plus pauvres.

Selon notre correspondant, Mohamed Elhamy:

“Les manifestants ont commencé une nouvelle vie sur cette place. Ils disent qu’ils continueront à vivre ainsi tant que le régime restera en place.”

Beaucoup de manifestants font partie des 40% d’Egyptiens qui vivent avec moins de deux dollars par jour:

“Je suis venue ici pour dire assez ! Nous en avons marre de cette situation, j’ai 4 enfants et mon mari n’a pas de travail. Pas de salaire.”

C’est place Tahrir aussi que beaucoup de jeunes, blessés dans les émeutes la semaine dernière, se sont fait soigner. Un hôpital de fortune a vu le jour.

Et une sorte de veille sécuritaire s’est mise en place:

“On ne dort pas bien parce qu’on a toujours peur d’une attaque des pro-Moubarack. Donc on dort

par intermittence, on essait aussi de tenir les chars à distance, on garde les entrées de la place Tahrir.”

Devenu lieu d‘échange après des jours plus noirs, la place accueille des hommes comme cet écrivain qui distribue ses livres aux manifestants: du militantisme pour aller jusqu’au bout de la révolution.

“Je m’appelle Mustafa Kamel, je suis journaliste, j’ai écrit “La dernière sortie” et un autre livre sur Mubarak qui s’appelle, “Je t’aime mais de loin”. C’est un livre prémonitoire sur la révolution des jeunes en Egypte.”

Et par vagues, la foule de la place Tahrir se rassemble, explose et scande “Liberté pour le peuple, ce pays est à nous !”