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Une blogueuse syrienne condamnée à cinq ans de prison

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Une blogueuse syrienne condamnée à cinq ans de prison

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Tal Al-Mallouhi, une blogueuse syrienne de 19 ans, a été condamnée lundi à cinq d’emprisonnement par la Haute cour de Sûreté à Damas a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Elle est accusée d’espionnage pour le compte des Etats-Unis.

Dès samedi, le département d’Etat américain avait émis un communiqué condamnant sévèrement le “procès secret” de la blogueuse et demandant sa libération immédiate. “Nous appelons le gouvernement syrien à relâcher immédiatement tous ses prisonniers de conscience, et à autoriser ses citoyens à jouir de leurs droits universels d’expression et d’association sans peur de représailles”, avait ajouté Philip Crowley, porte-parole du département d’Etat.

Tal Al-Mallouhi est la petite-fille d’un ancien ministre syrien en poste sous la présidence d’Hafez al-Assad, le père, décédé, de l’actuel président Bachar al-Assad. La jeune lycéenne a été arrêtée le 27 décembre 2009 suite à une convocation des services de sécurité. Deux jours plus tard, son ordinateur, quelques livres, des CDs et d’autres affaires personnelles étaient saisis à son domicile. Elle était depuis détenue sans charge.

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Right Watch, Tal Al-Mallouhi ne fait partie d’aucun groupe politique. Sur son blog, elle publiait essentiellement des poèmes et des articles en soutien à la cause palestinienne. Sa famille et des militants syriens n’expliquent pas son arrestation, mis à part un poème critiquant les limites imposées à la liberté d’expression en Syrie.

Cette condamnation survient dans un contexte tendu entre la Syrie et les Etat-Unis. Le mois dernier, les Etats-Unis ont rappelé leur ambassadeur en Syrie. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton doit, quant à elle, prononcer mardi un discours annoncé comme “capital” sur les libertés sur Internet.

Les réseaux sociaux sur le web et les blogs ont été largement utilisés au cours des mouvements populaires qui viennent de provoquer la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et du président égyptien Hosni Moubarak. Coupé depuis deux ans et demi, l’accès aux sites Facebook et Youtube vient d‘être rétabli. Dans le journal El Watan proche du gouvernement, des analystes expliquent que la levée de ce blocage montre “que le gouvernement a confiance en ses capacités et ne considère aucun site comme une menace, ni ces deux-là ni aucun autre.” D’autres y voient une concession du gouvernement pour éviter à l’histoire tunisienne ou égyptienne de se répéter à Damas.

Avec AFP et Reuters