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De nouvelles révélations sur le voyage de Michèle Alliot-Marie en Tunisie

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De nouvelles révélations sur le voyage de Michèle Alliot-Marie en Tunisie

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La chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, a eu “un bref entretien téléphonique” avec le président tunisien Ben Ali durant ses vacances controversées fin 2010 en Tunisie, a indiqué mercredi le cabinet du ministre, confirmant une information du site Mediapart.

“A cette période, Mme Alliot-Marie a eu un bref entretien téléphonique avec M. Ben Ali, comme elle en a eu avec beaucoup d’autres chefs d’Etat ou ministres des Affaires étrangères”, a déclaré à l’AFP un membre du cabinet.

“C’est tout simplement le métier du ministre des Affaires étrangères que d’avoir quotidiennement des entretiens téléphoniques ou des entrevues avec des autorités gouvernementales étrangères”, a fait valoir la même source proche du ministre.

Le site d’informations Mediapart, qui a révélé cet entretien téléphonique, estime qu’“une bonne partie de la stratégie de communication de la ministre tombe à l’eau”, faisant valoir que, début février, elle affirmait n’avoir eu “aucun contact privilégié” avec Ben Ali avant sa fuite.

Déjà fragilisée par une controverse sur ses vacances en Tunisie en pleine révolution, la ministre est rattrapée par ses amitiés tunisiennes, après des révélations du Canard Enchaîné sur une transaction entre ses parents et Aziz Miled, un grand patron tunisien présenté comme “un vieil ami” de la famille et lié en affaires au clan Ben Ali.

Bernard Marie et son épouse, âgés de 94 et de 92 ans, qu’accompagnait la ministre dans un voyage fin décembre en Tunisie, ont racheté les parts de leur ami Aziz Miled et de son fils Karim dans une société civile immobilière (SCI), Ikram. La transaction a eu lieu le 30 décembre dans un hôtel de Tabarka, alors que la ministre s’y trouvait.

Michèle Alliot-Marie a aussitôt rétorqué qu’elle n’interférait pas dans la “vie privée” de ses parents, se disant totalement étrangère à cette transaction, ce qu’a également affirmé M. Marie à plusieurs médias, défendant sa fille.

Mais la gauche a promptement réclamé la démission de la ministre, dénonçant désormais une succession de “mensonges” et une “confusion des genres” nuisibles pour l’image de l’Etat.

Le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a jugé mercredi que “MAM” était “en voyage d’affaires en Tunisie” et qu’elle n’avait “cessé de mentir aux Français”, appelant la chef de la diplomatie et son mari Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, à la démission.

A droite, la ministre est officiellement appelée à “s’expliquer”, tandis qu’en coulisses, plusieurs élus et proches du président Nicolas Sarkozy jugent sa position de plus en plus intenable.

Dans un éditorial cinglant, Le Monde demande: “jusqu’où faudra-t-il descendre dans la trivialité et l’indignité”, dans “le conflit d’intérêt” pour que le chef de l’Etat “en tire la conclusion logique” ?

Le journal relève plusieurs “contre-vérités” : selon le quotidien, la rencontre “fortuite” selon la ministre avec Aziz Miled s’incrivait en fait dans un voyage d’affaires, et le grand patron tunisien n‘était pas “une victime” des Ben Ali mais un partenaire dans plusieurs affaires.

AFP