DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Révoltes arabe : l'effet domino

Vous lisez:

Révoltes arabe : l'effet domino

Taille du texte Aa Aa

La révolte tunisienne a-t-elle eu un effet domino sur les autres pays arabes ?

Pour y répondre Euronews a interrogé Nabil Al-Khatib, rédacteur en chef de la chaine Al Arabiyya.

Riad Muasses Euronews :

Nabil Al Khatib, nous assistons aujourd’hui à de grosses manifestations au Caire. Il y a des morts en Libye, au Yemen et à Bahrein.

Est-ce juste une contagion révolutionnaire ou peut-on parler de cas similaires ?

Nabil Al Khatib, rédacteur en chef de Al-Arabiya :

Je ne crois pas que toutes les situations dans le monde arabe soient similaires, mais le dénominateur commun dans tous ces pays c’est la corruption, le blocage politique et un manque d’avenir pour la jeunesse. Tous ces facteurs en commun poussent la population à réclamer le changement.

Euronews :

Et ce dont vous venez de parler est aussi applicable au Bahrein ?

Nabil Al Khatib :

En ce que concerne Bahrein il y a une particularité. Ce pays se distingue parce que les manifestants appartiennent à une confession particulière, ce qui donne l’impression qu’il s’agit d’un problème confessionnel.

Et ceci met de l’eau au moulin du pouvoir pour aggraver la question confessionnelle parce que les protestataires sont majoritairement chiites. Les sunnites se tiennent à l‘écart de peur d‘être impliqués dans un plan plus large mené par l’Iran. Que ce soit vrai ou pas, c’est en tout cas l’impression que donnent ces événement et c’est que la population sunnite pense.

Euronews :

Est-ce que vous pensez que ces troubles peuvent s‘étendre à d’autres pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite, le Koweit ou Oman ?

Nabil Al Khatib :

A mon avis la question est ouverte dans tous ces pays là mais la crise est différente lorsqu’on parle des pays du Golfe à cause de la vie confortable menées par les peuples de ces états par rapport aux autres pays. Parce que ce sont des états producteurs de pétrole et riches. Mais cela n’empêche pas d’avoir ce genre de mouvements.

Euronews :

Les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude concernant les événements à Bahrein, et tout ce qui concerne, évidemment, leurs intérêts dans le Golfe. Est-ce que vous vous voyez une menace quelconque aux intérêts américains dans ce pays ?

Nabil Al Khatib :

Je pencherais plutôt pour dire que la position américaine est très ambiguë. Nous avons tous pensé que les Etats-Unis allaient défendre les régimes tunisien et égyptien. Parce que l’impression générale était que les Américains défendent toujours leurs alliés dans la région afin de préserver le statu quo.

Leur position a complètement changé depuis le temps où il fallait défendre l’allié tunisien dans la lutte contre le terrorisme ou l’allié égyptien qui tentait de préserver la stabilité dans la région et des relations acceptables avec Israel.

Mais les Etats-Unis ont soutenu le changement dans ces pays. La grande question est jusqu’où ils peuvent aller dans leur soutien surtout dans les pays du Golfe où la situation est plus sensible, car ce qui est en jeu c’est le terrorisme, le pétrole et les rapports avec l’Iran.

Vu d’ici, nous avons l’impression que la position américaine est hésitante, qu’elle manque de clarté, peut être même qu’elle est superficielle… Et il n’est pas sur que les décisions prises soient les bonnes…