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« Toute l'Europe doit s'occuper du problème de l'immigration», Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères

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« Toute l'Europe doit s'occuper du problème de l'immigration», Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères

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Rome craint une vague importante de migrants originaires de Libye en cas de chute de Kadhafi. euronews a rencontré Franco Frattini. Le ministre italien des Affaires étrangères demande à l’Europe de prendre ses responsabilités.

Annibale Fracasso, euronews :
Vous avez parlé d’un exode biblique vers l’Europe. Umberto Bossi, de la Ligue du Nord, a dit qu’il fallait confier le problème des migrants à la France et à l’Allemagne. Évidemment, c’est une provocation. Mais Italie, à Lampedusa, est en première ligne. Où est l’Union Européenne dans tout ça?

Franco Frattini :
Malheureusement, nous avons obtenu des réponses élusives. Nous demandons vivement à l’Europe d’intervenir car la problématique n’est pas seulement italienne ou sicilienne. Elle est européenne. Si 200 000 à 300 000 désespérés émigrent vers le Nord, l’Italie toute seule ne pourra pas faire face. Tous les pays de l’union européenne doivent prendre en charge ce fardeau. C’est le principe de solidarité, qui est l’un des piliers de la création de l’Europe. S’ils ne le font pas, ils brisent une valeur fondamentale de l’Union. Nous travaillons pour que cela n’arrive pas, pour que l’Europe soit plus présente dans une telle situation d’urgence.

euronews :
Que va-t-il va se passer selon vous, d’ici à 5 ans?

Franco Frattini :
Difficile à dire. Mais nous apporterons une aide aux processus de transition sans dicter aux pays concernés la conduite à adopter. Ne croyez pas que les pays Arabes vont suivre les directives de Rome, Bruxelles ou Washington. C’est mal connaître ces pays que de penser cela. Tous les leaders de la Méditerranée, que je connais évidement très bien, reconnaissent a l’Italie une vertu : celle de ne pas donner des leçons aux autres, d‘écouter et aussi d’aider. Voilà le chemin à prendre.