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Le modèle turc est-il transposable aux autres pays arabes?

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Le modèle turc est-il transposable aux autres pays arabes?

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Les pays arabes doivent-ils suivre le modèle turc? La question est posée régulièrement depuis le début des révoltes populaires. En visite au Caire ce jeudi, le Président turc Abdullah Gül est venu partager avec les nouveaux responsables égyptiens l’expérience politique de son pays.

Pour beaucoup, la Turquie est l’exemple à suivre pour aider les dictatures du monde arabe à réaliser la transition vers la démocratie. Et même si la démocratie turque n’est pas parfaite, c’est l’alliance réussie entre islam politique et démocratie qui intéresse.

Le premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a rapidement compris l’influence que pouvait avoir son pays dans ces changements politiques. Il est le premier dirigeant musulman à avoir demandé le départ d’Hosni Moubarak. Le mois dernier au Parlement turc, il lançait un vibrant appel : “ Écoutez les cris du peuple et leurs revendications très humanistes. Vous devez satisfaire, sans hésitation, la volonté de changement exprimé par le peuple. Agissez pour la paix, la sécurité et la stabilité de l’Égypte”.

L’idée d’un modèle turc a été accentuée par l’arrivée au pouvoir de l’AKP. Ce parti a émergé d’une vieille garde islamiste, conservatrice et anti-démocratique pour former un mouvement modéré qui a su conserver les fondements du système laïc instauré par Mustafa Kemal Atatürk. C’est la force et en même temps la spécificité de la Turquie. Car le pays a entamé sa démocratisation dans les années 50 et a, dans ce domaine, une longue expérience que l’Égypte, par exemple, n’a pas.

A l’origine, les leaders de l’AKP ont une idéologie proche de celle des Frères Musulmans en Égypte. Mais le discours évolue dans

les années 1990 ce qui permet au parti de remporter une victoire historique en 2002. En presque 10 ans, l’AKP a su tenir le cap de la laïcité tout en dynamisant l‘économie de la Turquie : une croissance proche des 10% et une priorité donnée à la libéralisation de l‘économie plutôt qu’aux aspirations religieuses.

Mais le pays a bénéficié d’un héritage, d’une expérience, du rôle de l’armée aussi, qui est unique dans la région et qui rend difficilement transposable le modèle turc dans un futur proche.

Une chose est sûre : après l’effondrement du régime d’Hosni Moubarak en Égypte, la Turquie a un rôle de leadership a jouer dans la région. Tous les leaders occidentaux sont en train d’en prendre conscience.