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Ardeshir Amir Arjomand : "Téhéran ment sur le sort des opposants"

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Ardeshir Amir Arjomand : "Téhéran ment sur le sort des opposants"

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Cela fait 18 jours que les opposants iraniens Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi ont disparu. L’un a été premier ministre en Iran et l’autre, chef du parlement. Leur arrestation non confirmée par Téhéran a eu un écho au sein de la communauté internationale, mais aussi à travers l’Iran.

Pour en parler, nous avons contacté le conseiller de Mir Hossein Moussavi, Ardeshir Amir Arjomand.

Nima Ghadakpour, euronews :

“Avez-vous des nouvelles de Mir Hossein Moussavi et de sa femme ?”

Ardeshir Amir Arjomand, conseiller de Mir Hossein Moussavi :

“On n’a aucune nouvelle. Ils ont disparu. Les responsables de la justice iranienne ne vont pas prendre la responsabilité de cette disparition. Leurs enfants n’ont pas pu voir leurs parents depuis 18 jours.”

euronews :

“Pourtant, Ali Akbar Salehi, le ministre des affaires étrangères, dans une interview exclusive à euronews, dément cette arrestation et dit qu’ils sont libres. Nous avons également contacté le procureur général Mohseni Ejei qui dit lui aussi qu’ils ne sont ni emprisonnés ni arrêtés.

Selon vous, pourquoi n’avons-nous pas de nouvelles précises ?”

Ardeshir Amir Arjomand :

“A mes yeux, il y a beaucoup de contradictions dans leurs paroles et personne ne veut assumer la responsabilité. S’ils sont libres, pourquoi leurs enfants ne peuvent-ils pas les voir ? Ce n’est pas la première fois que les dirigeants iraniens mentent.”

euronews :

“Pourtant, ces derniers mois, ils étaient en quelque sorte assignés à résidence chez eux.”

Ardeshir Amir Arjomand :

“Avec les manifestations du 14 février et les deux autres qui ont suivi, les dirigeants ont eu peur du mouvement vert. Ils se sont dits qu’il fallait soumettre les leaders de l’opposition à davantage de restrictions, c’est pour cela qu’ils les mettent en prison, en pensant que cela va décourager le peuple. Mais, on a vu que les opposants ont encore rempli les rues.”

euronews :

“Téhéran estime que le nombre de manifestants en Iran est très faible comparé à l’Egypte et à la Tunisie et que cela veut dire que les Iraniens ne veulent pas de changement dans leur pays. Peut-on attendre un changement fondamental en Iran ?”

Ardeshir Amir Arjomand :

“Les dirigeants n’ont jamais dit la vérité en ce qui concerne le nombre des manifestants, comme le 15 juin 2009 où il y avait eu plus de trois millions de personnes dans les rues de Téhéran. Les responsables politiques disaient qu’ils n‘étaient pas plus de 10.000.

Aujourd’hui, ils répètent les mêmes mensonges. Pourtant, les opposants malgré cette répression sans précédent descendent encore dans la rue pour protester. Et cette fois non seulement à Téhéran mais aussi dans la région d’Azerbaïdjan, à Mashhad, à Shiraz et Ispahan. Cela montre que le mouvement a pris une autre ampleur.”

euronews :

“Vous qui êtes l’un des représentants du mouvement protestataire en Iran, que demandez-vous en priorité ?”

Ardeshir Amir Arjomand :

“D’abord, la libération des leaders du mouvement Karoubi et Moussavi. On réclame aussi des élections libres, ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques et la liberté d’expression.”