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Le Carnaval de Rio bat le pavé

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Le Carnaval de Rio bat le pavé

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Loin du strass et des paillettes du Sambodrome, le Carnaval de Rio se joue surtout dans la rue.

Toutes les photos de Valérie Defert

Pendant que les prestigieuses écoles de samba préparent leurs défilés officiels, c’est un autre carnaval qui fait vibrer Rio de Janeiro. Durant plusieurs semaines, toute la ville descend dans la rue et vit au rythme des blocos, ces rassemblements de quartier où se mêlent musique brésilienne et costumes bariolés. On y danse la samba, on y chante les airs populaires joués par une « banderia », et on y boit sans modération. Ici, rien à gagner : ni le prestige d’une victoire dans le grand championnat des écoles de samba, ni une quelconque reconnaissance de la municipalité. Seul le plaisir de faire la fête en musique guide les participants, et sans doute la volonté de proposer un meilleur bloco que celui du quartier voisin…

Devant la fanfare qu’elle écoute avec ferveur, Claudia, habitante du quartier de Santa Teresa, explique : « Ici c’est le bloco de ma communauté, on ne le manquerait pour rien au monde. Nous défilons entre amis, c’est une grande fête ». Le nombre de blocos a explosé depuis dix ans : près de 500 rassemblements ont été enregistrés cette année. Au point que la ville de Rio oblige désormais les organisateurs à déclarer la manifestation. D’une ampleur inégale, certains peuvent compter des centaines de milliers de personnes. Samedi 5 mars, le bloco « Bola Preta », dans le centre-ville, a rassemblé deux millions de personnes. Record battu !

Même la pluie, tombée en abondance ces derniers jours à Rio, n’a pas freiné l’enthousiasme des participants : « Je préfère même qu’il fasse un peu moins chaud, je supporte mieux mon costume et mon maquillage » avoue Fernando, dont les grandes plumes roses et la tenue exubérante fascine tout le monde dans la rue gay du quartier d’Ipanema. Les cariocas et les nombreux touristes — 800 000 cette année, dont 30% d’étrangers raffolent des blocos — et peuvent y passer des journées entières. Comme si pendant le Carnaval de Rio, le temps était figé.

Sébastien Vuagnat