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Cote d'Ivoire : vers la guerre civile?

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Cote d'Ivoire : vers la guerre civile?

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La crise ivoirienne s’aggrave, et malgré leurs efforts l’ONU et l’Union Africaine ne parviennent pas à conjurer le risque d’une guerre civile.

Les 8000 casques bleus de l’ONU attendent le renfort de 2000 hommes pour continuer de s’interposer entre les deux camps. Une mission difficile alors que les soldats de l’ONU subissent les provocations des “Young Patriots”, les partisans de Laurent Gbagbo, qui ont dressé des barrages dans Abdijan.

Vendredi, les partisans d’Alassane Ouattara manifestaient leur colère dans Abidjan. Ils ont dénoncé le massacre de 7 femmes par les forces loyales à Gbagbo alors qu’elles participaient à une manifestation exclusivement féminine pour demander à Gbagbo de renoncer au pouvoir.

L’ambiance est explosive, et la patience commence à s‘épuiser : “Depuis que le panel de l’Union Africaine a été mis en place, rien ne se passe… Maintenant, ce sont nos femmes qui sont tuées. Nous sommes fatigués, on n’a rien à manger à cause de Ouattara. Nous le soutenons, mais s’il n’y arrive pas, il faut qu’il se retire…” dit cet homme.

Sur le plan diplomatique, en effet, aucune avancée en vue. Le panel des cinq chefs d’Etats africains nommés par l’Union Africaine a même renoncé à se rendre à Abidjan pour une médiation entre les deux rivaux ivoiriens, à la place, ils les ont invités à venir à Addis Abeba jeudi.

Nommé fin janvier, le panel présidé par le président de Mauritanie, avait jusqu’au 28 février pour élaborer des solutions contraignantes. Illustration des divisions au sein du quintette, ce délai a dû être repoussé d’un mois.

Pendant ce temps, les deux rivaux se retranchent dans leurs quartiers. Le Golf Hôtel d’Abidjan, toujours encerclé par les forces pro gbagbo pour Alassane Ouattara, le vainqueur des élections reconnu par la communauté internationale et l’Union Africaine. Quant à Laurent Gbagbo, il résiste dans les bâtiments gouvernementaux malgré les sanctions imposées par l’Union Européenne et les Etats-Unis, et malgré les offres d’amnistie et d’un exil doré.

Un bras de fer qui a plongé le pays dans une paralysie économique. Les Ivoiriens n’ont plus d’argent à cause de la fermeture des principales banques du pays il y a plus de trois semaines. Et les exportations de cacao, principale richesse ivoirienne, tournent au ralenti. Ouattara les a interdites, Gbagbo a demandé aux exportateurs d’ignorer l’interdiction. Mais faute de bateaux, les prix du cacao sont au plus haut depuis 32 ans.

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