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Vie normale... à Tripoli

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Vie normale... à Tripoli

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Les images filmées sous surveillance par nos envoyés spéciaux à Tripoli montrent une ville où rien ne semble indiquer qu’il y a quelques jours encore le régime du Colonel était sur le point de vaciller face à l’offensive des insurgés.

Retour à la vie normale, en apparence du moins.

En quelques jours, les forces loyales à Khadafi ont réussi à renverser la situation, reprenant une à une les villes tombées avec tout l’arsenal dont elles disposent. A Tripoli, une chape de plomb s’est abattue : “c’est ici que Mouammar Khadafi a fait son discours dans lequel il a promis de mettre le feu à la Libye. Mais ici, dans Tripoli, la capitale libyenne, rien ne montre qu’il y a des batailles, la guerre, ailleurs, dans le pays comme à Ras Lanouf ou Zawiyah”, explique l’un de nos reporters.

Les pro-Khadafi sont les seuls à oser s’exprimer dans la capitale. Les autres risquent gros. Les forces gouvernementales répriment brutalement toute opposition. Des arrestations arbitraires, disparitions et tortures seraient monnaie courante.

La peur et la propagande comme armes psychologiques, aussi efficaces que les armes létales. Ainsi s’exprimait ce week-end le porte- parole de l’armée: “Tout va bien, la plupart des zones attaquées sont désormais libres. Cela n’a pas nécessité une grosse offensive. C’est une bande de rats qui se cachent derrière des armes et terrorisaient les civils. Dans chacun des endroits ou nous, Forces armées du Peuple, nous sommes entrés, ils se sont rendus”…

Les protestations internationales, l’embargo sur les armes, les sanctions financières, rien ne semble arrêter la détermination de Khadafi, qui de toutes façons a promis de mourir en Libye, en martyr s’il le faut. Et il a largement les moyens d‘écraser la rébellion. Les moyens en armes : même s’il doit renoncer à ses bombardiers, la suprématie militaire sur les rebelles est évidente. Khadafi peut aussi s’appuyer sur des fidèles du régime et notamment ses milices paramilitaires. La cinquième brigade, connue sous le nom de “brigades Khamis”, l’appareil de sécurité intérieure, les mercenaires, les appuis tribaux. Tout un tissu prêt à s’engager dans une guerre civile si besoin.