DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

EXCLUSIF - Saïf Al-Islam Kadhafi réclame à Sarkozy de rembourser

Vous lisez:

EXCLUSIF - Saïf Al-Islam Kadhafi réclame à Sarkozy de rembourser

Taille du texte Aa Aa

Dans une interview exclusive, Saïf Al-Islam Kadhafi, un des fils du dirigeant libyen accuse sévèrement Nicolas Sarkozy. Interrogé par Riad Muasses à Tripoli, il demande au président français de rembourser l’argent que la Libye lui avait versé pour financer sa campagne électorale. Selon Saïf Al-Islam, les forces pro-Kadhafi auront repris le contrôle du pays entier d’ici 48heures.
 
Riad Muasses – euronews :
Saïf Al-Islam Kadhafi, avant ces évènements, vous vous présentiez comme le nouveau visage réformiste de la Libye. Aujourd’hui que proposez vous à ceux qui manifestent contre le régime ?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
Ce que vous avez vu durant des semaines, ce que nous avons vu dans les rues, ce ne sont pas des manifestations mais des milices armées qui font peur aux gens et les tuent. Elles ont exécuté des policiers à Al-Baïda; elles ont pendu des gens sur des ponts à Darna; elles ont brûlé un homme sur la place publique à Misrata. Ces hommes ne croient ni au dialogue, ni aux droits de l’Homme, ni à la démocratie. Ce sont des criminels. Et ils le prouvent en prenant des photos et des vidéos de leurs actes.
 
Aujourd’hui, on voit le peuple libyen se révolter pour défendre sa terre et son pays. Chaque jour, l’armée libyenne libère une ville et le peuple sort dans les rues pour célébrer la victoire. Tout le peuple libyen est uni contre ces milices. Même au sein de l’armée, il y a plein de volontaires qui se sont engagés pour combattre ces terroristes.
 
Nous mènerons les réformes politiques quand la paix et le calme seront revenus dans notre pays. Avant ces conflits, nous étions prêts à conduire des réformes, à changer la Constitution et accroître les libertés. Mais aujourd’hui, c’est le temps du combat. Nous devons libérer la Libye de ces terroristes.
 
 
Euronews :
Pensez vous que la Libye a besoin de réformes majeures?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
Oui, nous en sommes convaincus. Mais aujourd’hui, la rue est surtout préoccupée par sa propre sécurité. Les projets de constructions, les projets d’infrastructures… Ce n’est pas la priorité du peuple libyen. Il est terrorisé aujourd’hui par ces milices armées. Ce que la rue demande en priorité, c’est le retour de la paix et de la sécurité.
 
Nous conduirons les réformes dans deux semaines ou dans un mois quand la situation sera stabilisée. Ce sera alors le temps de proposer le nouveau visage de la Libye avec des nouvelles lois, une nouvelle Constitution. Nous allons assister à la naissance d’une Libye moderne.
 
 
Euronews :
Confirmez-vous la présence d’Al Qaida ou d’autres groupes terroristes parmi les rebelles?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
Al Qaida avait une présence limitée à Zawiya, Darna et Al-Baïda. Nous avons surtout vu apparaître des meurtriers, des criminels qui se sont organisés en milices armées. Ils ont même recruté des jeunes. On les a vus à la télévision boire de l’alcool, écouter de la musique, prendre de la drogue. Donc, il y a parmi les rebelles aussi bien des milices criminelles que des organisations islamistes extrémistes. Et ils sont tous les ennemis de la Libye.
 
 
Euronews :
Donc personne en Libye ne manifeste contre le régime ? Il y a seulement des milices armées et des islamistes extrémistes ?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
Le plus important, c’est ce qu’il s’est passé à Benghazi. Dans les prochains jours, nous allons pouvoir vous montrer des films et la vérité va éclater au grand jour.
 
Premièrement, il y a un certain nombre d’hommes d’affaires qui ont demandé aux Arabes de descendre dans la rue. La plupart des gens qui ont manifesté sont des Egyptiens et des Palestiniens qui étaient au chômage.
 
Deuxièmement, il se peut qu’il y ait des gens qui, à Benghazi, soient contre le colonel Kadhafi. Il y en a peut-être plusieurs milliers. Mais vous savez, il y a 1 million 500 mille habitants à Benghazi. Et s’il y a contre nous des dizaines de milliers de gens, ce n’est pas la fin du monde.
 
En Libye, il y a des milliers de gens qui ne croient pas en Kadhafi et qui ne croient pas non plus en Dieu. Notre ancien ministre des Affaires étrangères, par exemple, est athée. Il ne s’en cache pas. 
 
Je veux dire par là qu’il est normal que tout le peuple libyen ne soutienne pas Mouammar Kadhafi.
 
 
Euronews :
Donc selon vous, les révoltes tunisienne et égyptienne ne se propagent pas à la Libye?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
Il n’est pas question ici de propagation de la révolte. C’est une sorte de mode, semblable aux révolutions qui se sont déroulées dans les années soixante en Europe.
 
N’oublions pas non plus qu’il y a des chaînes arabes qui mènent contre nous une véritable guerre médiatique en faisant circuler des mensonges et des rumeurs. Notre peuple en est conscient maintenant.
 
Par exemple, une de ces chaînes a dit que les forces libyennes attaquaient le port de Mezda. Mais Mezda est une ville située en plein coeur du désert. Les chaînes de nos frères arabes sont arrivées à un niveau très bas et humiliant.
 
Et aujourd’hui, le peuple libyen se moque de ces chaînes. Ces télévisions arabes ennemies disent que Tripoli est tombée entre les mains de ce qu’elles appellent ” la Libye Libre’ et que les combats sont en cours dans les rues de Tripoli
 
Euronews :
Certaines informations prétendent que vos forces armées sont proches de Benghazi et même de la frontière avec l’Egypte. Qu’allez vous faire de ceux qui ont manifesté contre vous?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
La plupart ont fui. Nos partisans nous ont demandé de les laisser partir, de laisser ces traîtres qui collaborent avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France de partir.
Tous ceux qui ont demandé l’intervention des  troupes américaines, britanniques ou de l’OTAN, fuient vers l’Egypte. Nous ne voulons pas les tuer. Nous ne voulons pas nous venger de ces traîtres qui ont trahi le peuple. Nous leur disons tout simplement qu’ils peuvent aller en Egypte en toute sécurité et qu’ils n’ont plus leur place en Libye. Et je peux vous dire qu’ils sont déjà nombreux à avoir fui.
 
Euronews :
Que pensez-vous de la résolution qu‘étudie l’ONU pour imposer une éventuelle zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye?
 
Saif al-Islam Gaddafi :
Quelle résolution et contre qui ? C’est trop tard. Dans 48 heures, nos opérations militaires seront quasiment terminées. Nos forces sont presque à Benghazi.
 
Euronews :
La Ligue arabe a estimé que le régime libyen était illégitime. Comptez vous rester membre au sein de la Ligue ?
 
Saif al-Islam Gaddafi :
C’est ridicule. Ces régimes ne sont pas démocratiques. Leurs présidents ne sont pas élus. Ils n’appliquent ni la Constitution ni les lois de leurs pays. Tous ces régimes sont illégitimes.
 
Amr Moussa, le Secrétaire général de la Ligue arabe, reçoit de l’argent du Qatar pour préparer la présidentielle en Egypte. Nos frères qatariotes lui ont demandé de jouer ce rôle.  Amr Moussa n’est pas légitime tout comme les autres présidents arabes qui ont hérité du pouvoir et qui règnent en dictateurs.
 
Ils se prennent pour l’Union européenne ou les Etats-Unis. La Ligue arabe est une véritable pièce de théâtre.
 
La priorité aujourd’hui n’est pas de décider si nous allons rester ou non dans la Ligue arabe. Nous prendrons cette décision plus tard.
Notre prorité est de terminer le combat contre les milices armées et de libérer le pays.
 
Euronews :
La France fut le premier pays à reconnaître le Conseil national de la révolution. Que pensez-vous du régime du président Nicolas Sarkozy ?
 
Saïf Al-Islam Kadhafi :
Tout d’abord, il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen. Nous lui avons accordé une aide afin qu’il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a deçus. Rendez-nous notre argent. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement.
 
Euronews :
Dernière question : le régime compte-il instaurer le principe du pouvoir héréditaire en Libye?
 
Saif al-Islam Gaddafi :
Je ne veux plus répondre à cette question. J’en ai déjà parlé. Je ne veux plus en parler.